20.03.2007
La guerre des Rose
Tout le monde a vu ou entendu parler des Rose, lesquels, après une existence commune confortable, se retournent l'un contre l'autre.
Si vous croyez que je vais vous parler de ce film en long en large et en travers, c’est raté.
Je l’aborderai sous la forme d’une histoire vraie et parce que cette histoire, justement, m’y a renvoyée.
Je suis en train de slalomer chez les mousquetaires de la distribution qui se décarcassent pour nous, Intermarché pour ne pas les nommer. La douceur estivale d’un mois de Février ozoné a fait sortir les gens qui se tâtent devant les glaces et autres cônes en promotion.
Au rayon lait, je tombe sur un vieux couple, 75 à 80 ans. La dame est de dos, elle a de longs cheveux blancs, c’est tout ce que je vois d’elle. Le monsieur quant à lui est de face, petits yeux tristes, joli visage ridé, une immense douceur, ça ressemble à du désarroi.
Je tends la main vers un litre de lait bio demi écrémé quand soudain, la dame s’énerve.
Ah mais c’est pas vrai ! Si tu recules le chariot pendant que je mets le lait, comment je fais, moi ? Pfff, c’est pas possible c’que t’es con!Le ton est sec, tranchant. Aussitôt, le petit vieux avance le chariot sans un mot. Son regard s’affaisse davantage. On dirait un cocker en phase terminale. Du coup je m’apitoie. Ma bouche dessine malgré moi une moue affligée.
Pour un peu, j’enguirlanderais sa bonne femme. Mais bon, ce ne sont pas mes histoires. Sûrement une dominatrice. Une bouffeuse d’hommes. Il est coincé depuis des années. Il a cru qu’il la quitterait quand les gosses seraient grands. Et ça s’est fait, ils sont devenus grands, oui mais voilà, à présent il n’y arrive pas. Sans doute qu’il a aussi peur du divorce que moi des centrales nucléaires.
Nous nous séparons – entre temps je prends de la confiture de fraises, de l’huile d’olive – et nous nous regroupons au rayon bonbons.
Je tends la main vers un sachet de nounours à la guimauve. (Hem, c’étaient les vacances de Février, les gosses et moi, nous méritions bien quelques douceurs, surtout moi!)
La dame aux cheveux blancs est en train de rafler tous les mini Bounty, sachet après sachet, on dirait qu’elle n’en a jamais vu avant, ou plutôt qu’elle va faire des réserves pour si une catastrophe nucléaire mondiale arrive bientôt. (Compter au moins trente explosions de réacteurs à des points stratégiques du globe, USA, France, Russie)
Je songe qu’elle est drôlement gourmande, la mamie tyrannique, quand soudain, le petit vieux ouvre la bouche.
Bon, t’as pas bientôt fini ? Tu vas encore t’empiffrer! Cochonne, va ! Espèce de dégueuuuuuuuuuuuulasse !La voix est incroyablement acide. J’esquisse un lever de sourcil car ma surprise est extrême. Quelle étonnante métamorphose ! A présent, le petit vieux ressemble moins à un cocker en phase terminale qu’à un bouledogue en quête de fesses humaines à déchiqueter.
Parfaitement synchrones, nous nous dirigeons vers les caisses. Deux caisses seulement, les autres sont inhabitées. Sûrement que les mousquetaires sont en train de chasser.
Le couple choisit une caisse, celle sur la gauche. D’instinct je prends celle sur la droite. Maintenant, des insultes pleuvent de la part des deux intervenants. Les postillons giclent. Je les esquive.
Ferme ta gueule, pauv’con, faut toujours que tu la ramènes.Raaaah, ça va, vieille morue, tu t’es pas écoutée !
Sûrement que monsieur aura oublié la Saint Valentin de madame et que madame se sera crémé les pieds calleux devant monsieur en disant J’ai la migraine des talons, hé couillon !
Aaaaaaaaaah l’amour, on dirait bien que ça dure toujours.
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12.03.2007
Jane Campion
Jane Campion est une réalisatrice néo-zélandaise née en 1954. C’est à 35 ans qu’elle se lance dans le cinéma. Anthropologue également diplômée des Beaux Arts, Peel, son premier court métrage, remporte la Palme d’Or à Cannes.
Au travers de films à l’esthétisme fascinant, Jane Campion exprime une sensibilité féminine à multiples facettes. On a l’impression qu’elle prend les hommes à témoin, qu’elle leur dit écoutez-moi, je vais vous raconter LES femmes. Mais elle ne s’arrête pas là, car en racontant les femmes, ce sont aussi les hommes qu’elle raconte, et par là, les relations pas toujours aisées entre les deux sexes.
Les femmes ont l’impression que Jane est une grande sœur, celle qu’elles auraient tant aimé avoir. Enfin me concernant, c’est le cas.
Pour l’instant, je n’ai vu que quatre films d’elle.
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La leçon de piano, 1993, avec Holly Hunter, Sam Neill (Calme blanc, bientôt dans Angel) et l’excellent Harvey Keitel
En Ecosse, au 19ème siècle, Ada est muette et s’exprime à la fois par le langage des signes et son piano. Elle n’est pas mariée, mais elle a une fillette de 9 ans.
Son père la vend à Stewart, un inconnu. Sur la plage de Nouvelle-Zélande où la mère et la fille débarquent, Stewart accepte de transporter leurs meubles à l'exception d'un piano, SON piano.
Ada ne pense qu’à récupérer l'instrument resté seul dans sa caisse, sur la plage, livré aux marées montantes. C’est une partie d’elle-même que son mari a refusé d’emmener, aussi se refuse-t-elle charnellement à lui.
Baines, voisin illettré et proche du mode de vie indien, conduit mère et fille sur cette plage où Ada jouera du piano jusqu’au soir.
En adoptant la vie des indiens du coin, Baines s’est délesté de sa peau sociale et se fait donc réceptif à sa musique, tout comme les indiens, d’ailleurs.
Aussitôt, il propose à Stewart d’échanger le piano contre des terres, mais il faudra aussi qu’Ada lui donne des leçons. Stewart ne se tient plus de joie et accepte ce marché juteux.
Ada regagnera son piano touche après touche en se soumettant aux fantaisies de Baines.
Ici, le piano devient un objet érotique qui reliera une femme à un homme sans que la parole, un trop plein de mots, ne viennent souiller cet éveil.
On est dans l’économie de mots, on est dans le plaisir des sens.
On aborde la montée du désir dans son anticipation.
L’austérité des costumes, des coiffures, l'impulsivité du peuple indien, la dureté du climat et la réaction cruelle du mari jaloux contrastent avec la fragilité d’Ada, la beauté de sa voix musicale et de la voix off, l’innocence de sa fille, l’enthousiasme infantil des indiens devant le piano et toute la superbe de cette passion enivrante. De même qu'il est surprenant de voir un type comme Baines, illetré et tatoué à même le visage, s'intéresser à la musique et comprendre Ada, laquelle est engoncée dans ses vêtements stricts.
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Portrait de femme, 1996, avec Nicole Kidman, John Malkovich (Les liaisons dangereuses)
A la fin des années 1800, Isabel Archer, jeune Américaine en visite chez ses cousins anglais, refuse les avances de prétendants à la fois beaux et sincères. Son cousin Ralph, phtisique condamné à une mort prématurée, l'aime en secret et la fait hériter d’une fortune considérable. Ce qu’Isabel veut, c’est goutter aux plaisirs interdits, profiter de ses sens. A des lieues d’être méfiante, s’imaginant par là rester libre de ses penchants, de ses choix, elle est une proie idéale pour plus rusé qu’elle. A Florence, une intrigante la jette dans les bras de son amant, Gilbert Osmond. Plus âgé qu’elle, en apparence expert pour éveiller tant le désir que le plaisir, ce personnage démoniaque l’envoûte et Isabel l'épouse, lui donnant procuration sur sa fortune. Quelques années plus tard, la belle ouvre les yeux. Elle retourne auprès de Ralph, lequel lui avoue son amour sur son lit de mort. C’est finalement avec l’un de ses premiers prétendants qu’Isabel trouvera le bonheur.
Jane Campion nous prouve ici que la sincérité amoureuse est bien moins excitante que le charme machiavélique, que c’est après avoir beaucoup souffert par la faute du second qu’on apprécie le premier. C’est aussi l’histoire d’une maturité basée sur l’expérience, qu’elle soit bonne ou mauvaise. Les méfie-toi, les écoute ce que je te dis, ne font pas le poids devant l’expérience personnelle.
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Holy Smoke, 1999, avec kate winsley (Titanic) et Harvey keitel
A notre époque, lors d'un voyage en Inde, Ruth, une jeune Australienne qui ressent un vide dans son existence, se laisse envoûter par un gourou. Sur un odieux mensonge de sa famille, Ruth revient en Australie et se voit remise de force entre les mains d’un spécialiste de la déprogrammation spirituelle. Sûr de lui à tel point qu’il frise le ridicule, quand sa moustache et son accoutrement n’arrangent rien, P.J. Waters promet que le cas sera réglé sous trois jours maximum. Il s’enferme avec Ruth dans une bicoque en plein désert. Tout devrait se passer comme prévu, et pourtant. P.J. Waters doit affronter un retournement de situation, soit l'emprise de son envoûtement pour Ruth. D’abord carrément ridicule, Harvey Keitel devient de plus en plus émouvant, allant jusqu’à se travestir avec les vêtements de sa « patiente ». Quel étonnement de voir un acteur tel que Keteil affublé d’une robe moulante, gesticulant et hurlant dans le désert, poursuivant la femme dont il est épris !
Par le biais de ce film, Jane Campion nous parle des femmes à la sensibilité toujours un peu décalée par rapport à celle des hommes, aux difficultés que ces deux-là rencontrent pour se comprendre, se rejoindre. Quand l’un serait prêt à tout donner, l’autre a déjà pris la poudre d’escampette. Jane effectue un parallèle entre le gourou vampirisant et l’être aimé trop idéalisé. L’amour don de soi, fusion, projection, l’amour non prévisible, non contrôlable, l’amour dentelé, escarpé, dangereux, l’amour coup de poing dans la gueule…
In the cut, 2003, avec Meg Ryan, et Marc Ruffalo
Professeur de lettres new-yorkaise, Frannie vit seule sans amant. Intéressée par l'argot, elle souffre d’une sexualité insatisfaisante. Un soir, dans un bar, elle est le témoin d'une fellation entre un homme et une femme. Fascinée, elle a juste le temps de mémoriser le tatouage sur le poignet de l'homme.
Le lendemain, elle apprend qu'un meurtre aurait été commis sous ses fenêtres. La victime ne serait autre que la femme dans le bar. Malloy, policier chargé de l'enquête, a le sentiment qu'elle est au courant de quelque chose. Frannie se sent attirée par lui, mais son attitude l'effraie autant que le tatouage sur son poignet, identique à celui de l’homme du bar. Voilà un film bien différent des précédents et qui m’a à la fois fascinée et rebutée, bref, un film étrange que j’ai visionné jusqu’à la fin sans me douter qu’il avait été réalisé par Jane Campion.
Ce film évoque la place de la femme dans un désir d’hommes, ces fantasmes que les femmes n’osent avouer sans passer pour des nymphomanes quand les hommes, eux, ont depuis longtemps le loisir d’évoquer les leurs sans choquer personne. Pour restituer la manière dont j’ai compris ce film, je dirais que la femme est à prendre dans son ensemble. Elle n’est ni une sainte, ni une vicelarde. Juste un être humain de sexe féminin. Elle se débrouille comme elle peut avec son éducation, ses peurs, sa position dans la société, sa culture, sa sensibilité, son caractère, ses rôles d'épouse, de mère, de maîtresse…
Bon, exceptionnellement, j’ai donné dans le long !
Mais Jane Campion vaut le coup. Ses films portent sa marque. Pour le moment, mon préféré reste La leçon de piano.
Un vrai coup de coeur aussi pour Holy Smoke. Depuis que j'ai vu ces deux films, je suis fan d'Harvey Keitel!
Rares sont les cinéastes femmes qui ont la reconnais
10:40 Publié dans Si on causait cinoche? | Lien permanent | Commentaires (23) | Envoyer cette note
14.02.2007
37°2 l'intégrale, pour toi Simon
J’étais venue vous parler d’une salle de cinéma comble et de deux copines qui m’y ont entraînée.
Alleeeeeeez, tu ne vas quand même pas te morfondre, on va voir 37°2 le matin !
Vous dire qu’à cette époque, je n’avais pas le gros moral, car j’étais en pré rupture sentimentale.
Que je n'avais pas 20 ans, pareil que Betty quand elle rencontre Zorg, que je croyais fort en l’amour comme outil à peinturlurer la grisaille et à redresser l’incohérence de notre monde. Sauf que décidément, à défaut de peinturlurer et de redresser, je collectionnais incompréhension sur incompréhension.
Vous confier l’émotion que j’ai ressentie en voyant le film de Beinex.
Vous raconter qu’environ quinze repassages plus tard sur cassette vidéo, le double d’années par dessus, je croyais la magie définitivement éteinte.
37°2, naaaaaaaaaaaan, ça n’était plus pour moi, j’avais pris de la bouteille, Zorg et la petite Betty ne me feraient plus d’effet.
Que c’était sans compter la version intégrale que par curiosité, par élan spontané, par nostalgie de ma folle jeunesse, je me suis récemment offerte.
Vous parler d’une heure de bonus, et quel bonus !
J’ai eu l’impression de pénétrer très loin dans l’émotion première, celle de ma séance number one au ciné. Rendez-vous compte, je visionnais des scènes inédites, dont l’intensité et la fantaisie s’en vinrent magnifier cette histoire!
J’étais venue vous demander de vous souvenir, quand Betty taillade la joue de l'éditeur vêtu de peau de zèbre, lequel a écrit l'odieuse lettre de refus, rapport au manuscrit de Zorg.
Vous dire que je m'étais toujours demandée pourquoi ce type à l’esprit étriqué n’avait pas porté plainte. Et puis que si, dans la version intégrale, il l’a fait, mes enfants, il l’a fait ! Que la scène du commissariat est pleine de fantaisie, de drôlerie.
Que par-dessus tout, c’est le plongeon de Betty dans la folie et l’impact que cette dégringolade a sur le couple qui gagnent en crédibilité.
Que dans la version courte, on n’a pas le temps de deviner le cheminement psychologique de Zorg face à l’éloignement mental de Betty.
Qu'en revanche, dans la version longue, Zorg, qui était plutôt lâche, devient capable de tout.
J’étais venue vous dire qu’en conclusion, l’intégrale de 37°2 m’est arrivé trop tard, que je ne l’ai pas regardé de manière fluide, les scènes connues de moi se séparant des scènes méconnues de moi, faisant de ce film, non pas un film, mais un épluchage avant/aujourd’hui.
Que j’aurai vu l’intégrale de 37°2 le matin, davantage avec l’œil d’une voyeuse rancunière, à qui l’on a caché des choses pendant près de vingt ans, qu’avec celui d’une cinéphile.
J’étais venue vous dire tout ça.
Seulement voilà.
Dans l’intégrale de 37°2, il y a une scène, celle du braquage de Zorg en tenue de femme, à la fois décalée et tordante. Dans cette scène, laquelle a donc été coupée pour la version courte, on y découvre un Simon de la Brosse (L’effrontée, La petite voleuse, Les innocents) tout jeunot, dont je n’aurais pas soupçonné la présence s’il n’y avait eu cet intégrale.
Me souvenant de Simon dans Travelling avant (1987 – il y joue aux côtés de Thierry Frémont), je réalise que ça fait bien longtemps qu’on n'entend plus parler de lui.
Ni une ni deux, je tape Simon de la Brosse sur Google, et là, horreur, j’apprends qu’il s’est suicidé en 1998 à l’âge de 32 ans.
J’étais partie pour vous parler de l’intégrale de 37°2 le matin.
C’est sur Simon De La Brosse et sur Travelling avant que je terminerai cette note.
Hommage à toi, Simon.
21:50 Publié dans Si on causait cinoche? | Lien permanent | Commentaires (19) | Envoyer cette note
04.02.2007
Basic Instinct
J’aime équilibrer les balances.
Après avoir encensé un film culte, j’ai très envie d’en démolir un. La faute à Canal Satellite, lequel, ces derniers temps, nous a bassinés avec le célébrissime Basic Instinct dont on ne se lasse point, heeeem heeeem.
A la base, et sauf erreur de ma part, Basic Instinct n’est pas un film comique. Et pourtant.
Cette réplique dans la bouche de la déculottée Sharon Stone, pendant l'interrogatoire policier où il est interdit de fumer et où naturellement cette grande rebelle s’allume une clope, me fait marrer à tous les coups : « Qu’est-ce que vous allez faire, m’inculper pour fumage ? »
Plus tard, Michael Douglas passera le même interrogatoire et lâchera la même vanne, en fumant une même clope, de ce même air rebelle que Sharon. Ce qui ne manquera pas de déclencher le même soupir esbroufé chez les flics, lesquels, devant pareille réplique-qui-tue, ne peuvent que s’avouer vaincus. Même deux fois de suite, ça fait rien, c’est une réplique capable de ressusciter ceux qu’elle a tués pour les re-tuer à nouveau.
Donc, si un jour il devait vous arriver de passer un interrogatoire devant plusieurs flics, allumez une clope, attendez qu’ils protestent et dites d’une voix très intelligible, sur un ton purement dédaigneux et sûr de vous « Qu’est-ce que vous allez faire, m’inculper pour fumage ? » Vous verrez, ça devrait les scotcher. Surtout en 2008.
Ce brave flic a bu et a fumé, mais il avait arrêté, maintenant il a repris parce que Sharon est non seulement blonde, belle, milliardaire, auteure de best-sellers et agrégée de psychologie, mais aussi médium, elle savait déjà, rien qu’en le voyant, qu’il reboirait et refumerait avant les douze coups de minuit. Oups… non là je dois confondre.
Ce brave flic, donc, a des problèmes psychologiques qui ont été un peu graves, mais qui le sont moins, mais enfin quand même, il faut le surveiller de près. Heureusement qu’il a une psy rien que pour lui, laquelle était aussi sa maîtresse, ce qui est rare, car d’habitude un psy ne doit pas avoir, ni avoir eu, de relation torride avec son patient.
La psy est brune et symbolise la pureté, quand l’auteure blonde incarne la perversion. Mais justement, à un moment on jouera avec nos nerfs et notre fichue tendance à prendre des vessies pour des lanternes, allant jusqu’à nous faire croire que peut-être c’est la brune qui est perverse et la blonde qui est angélique, car la brune portera une perruque de blonde, même qu’elles étaient ensemble à la fac, et que la brune était amoureuse de la blonde, ou inversement…
Enfin, on s’y perd avec toutes ces couleurs de cheveux. Mais l’essentiel, c’est que vous me suiviez.
En conclusion, puisque c’est mon blog et qu’il n’engage que ma couleur de cheveux (je suis brune et ne compte pas pour des prunes), j’affirme que c’est ce film-là qui a épouvantablement vieilli, ou alors c’est moi qui n’arrive toujours pas à prendre Michael Douglas pour un acteur sexy…
De toute façon, le meilleur acteur de Basic Instinct, ça reste le pic à glace. Il joue dans des conditions extrêmes, dans de la glace conservée à moins 18, puis dans du sang à 37. Personne ne lui a jamais donné de césar.
C’est vraiment trop injuste.
Post-criptum qui n'a rien à voir avec la petite prune:
Le webzine Itinéraires 2 des éditions Les Chemins de l'Aube est maintenant disponible en version audio. Ici.
Heu... je ne peux même pas vous dire si ça en jette, malheureux, je n'ai pas de carte son... ni de MP3, d'ailleurs! Mais allez-y, allez-y, c'est vraiment comme si on nous contait des histoires!!! Et c'est entièrement gratuit.
22:25 Publié dans Si on causait cinoche? | Lien permanent | Commentaires (15) | Envoyer cette note
29.01.2007
Brazil
Il est des films que j’ai vus plusieurs fois. Que je peux revoir, encore et encore. Indéfiniment. Sans me lasser jamais.
Brazil, tourné en 1985 par Terry Gilliam, ex des Monty Python, est de ceux-là. L’humour décalé y répond plus que jamais présent et véhicule des messages puissants.
Dès ma première vision, j’ai été happée par cet univers sordide où l’on se sent continuellement épié, et dans lequel Sam Lowry fait tache. Tout le monde autour de lui barbote. Et ça rit, et ça se fait refaire quinze mille fois la peau, et ça rêve de promotions, et ça dénonce à tout va, et ça continue de vivre dans l’absurdité, le clinquant, le dérisoire.
Quant à Sam, que fait-il ?
Il tombe amoureux ! Un véritable coup de foudre ! Et pas de n’importe qui… d’une insoumise réaliste et courageuse. En guise d’échappatoire, il rêve leur bonheur, il se rêve tel qu’il voudrait être avec elle!
Comme on le comprend !
La joyeuse chanson Brazil souligne le contraste entre la sincérité des sentiments de Sam, la prise de conscience qu’elle engendre, et l’horreur de ce monde où l’on torture des gens sans état d’âme, où des bombes explosent à tous moments, où un plombier hors la loi secoure les gens sans en attendre de rémunération et où des réparateurs agrégés, à l’esprit aussi étriqué qu’un formulaire, vous mettent un appartement sens dessus dessous par pure incompétence.
Pour créer cette étonnante cité, Terry Gilliam se serait inspiré de la ville côtière de Port Talbot.
En apprenant ça, ma réaction a été de taper Port Talbot sur Google, à la partie Images. Une photo en particulier m’a horrifiée. Elle représentait tout ce que j’ai toujours abhorré dans l’activité industrielle : l’enlaidissement de l’environnement à son point de non retour.
Le film est une suite de cauchemars bien réels qui époustouflent tant ils vont titiller la mémoire enfantine. Des tentacules puissants qui enserrent sans qu’on y puisse rien, c’est ce que j’ai personnellement ressenti à l’école. Sorte de formatage, de passage obligé, se taire, écouter, copier, papiers, diplômes, certificats, cartes à puce. Cette sensation d'être... prisonniers d'un système.
Pour tout vous dire, cet article répond à la critique de mes amis d’Avoir Alire, un site que j’aime beaucoup (j'ai même tenu un blog chez eux), où j’y ai lu que Brazil aurait vieilli !
Brazil ? Vieilli ? Impossible ! Dit-on d’un Van Gogh, d'un Dali et d’un Gaughin qu’ils ont… vieilli ? Le vrai cinéma, c’est de l’art. Plus la vision du monde qui nous entoure est originale, personnelle, créative... mieux c’est. Dans un monde où justement, c’est l’uniformité qui prime, il faut que l’art s’exprime.
Je suis contente que ce film ait marqué les foules, l’art n’est pas qu’une affaire de gros sous et de marketing, l’art a une mission.
L’art n’est pas vain.
16:05 Publié dans Si on causait cinoche? | Lien permanent | Commentaires (14) | Envoyer cette note
12.10.2006
21 grammes...
Je me rappelle parfaitement la bande annonce du film 21 grammes, d’Alejandro Gonzalez Inarritu. Et la voix de la doublure française de Sean Penn, disant :
« On dit que nous perdons tous 21 grammes au moment précis de notre mort...
Le poids de cinq pièces de monnaie.
Le poids d'une barre de chocolat.
Le poids d'un colibri.
21 grammes.
Est-ce le poids de notre âme ?
Est-ce le poids de la vie ? »
Je me rappelle m’être dit « Magnifique, je dois voir ce film parce que… je ne sais pas pourquoi. Je dois le voir ! »
C’était en Janvier 2004.
Je ne l’ai vu qu’en octobre 2006, pour des raisons indépendantes de ma volonté.
Je ne sais pas quoi vous dire de ce film, sinon qu’il m’a renvoyée à Virgin suicides, de Sofia Coppola (1998).
Pas les mêmes réalisateurs. Mais en moi, le même scepticisme. La même émotion tripale. Les mêmes larmes fermement arrimées aux yeux. La même fascination, incrédule, frustrée, agacée, captivée.
On ne saura pas tout, on ne comprendra pas tout, ça énerve et à la fois, ça subjugue. La nature humaine est ainsi faite que rien ni personne ne comprendra jamais tout. Il nous faut accepter le fait que nous soyons mortels. Que ceux que nous aimons le soient aussi. Et que nos éminents scientifiques n'y puissent rien changer.
Dans ces deux films, pas de pathos, mais une caméra pudique, un peu gauche, un peu désordonnée. Plus poétique du côté de Virgin Suicides, plus brute du côté de 21 grammes.
Les sujets de ces deux films sont bizarres, déroutants, invraisemblables comme à chaque fois que la mort cogne à la porte. D’ailleurs, les anciens ont beau nous prévenir, on croit encore et toujours qu’elle sera pour les autres.
Filmer la mort, c’est le faire avec l’œil de celui qui l’apprend, de celui qui la frôle de tout près.
Avec l’œil désarmé, l’œil qui cligne, panique, se ferme, se mouille, l’œil qui s’essuie rageusement d’un revers de main et qui préfère le repli aux atermoiements des autres, à leurs phrases de convenances, certes gentilles, mais ô combien exaspérantes.
Au final, même s’il m’a émue, j’ai été déçue par 21 grammes.
C’est, je pense, affaire de titre.
Virgin suicides, on ne peut que s’incliner, malgré un titre pareil on est agréablement surpris.
Mais pour 21 grammes… qu’est-ce que je m’imaginais ? Qu’on me donnerait de nouvelles hypothèses sur ce qu’il y a vraiment, après la mort ?
21 grammes s’achève sur les fameuses phrases orales de la doublure, celles qui m’ont interpellée, et sur une phrase écrite: Ce dont on ne se souvient pas révèle ce qu’on veut oublier.
Pourquoi cet homme transplanté avec le coeur d'un autre abandonnerait sa propre femme pour celle du décédé? On ne peut même pas parler de réincarnation puisque le transplanté est vivant au moment du don d'organe. Le mystère reste entier.
J’ai bien peur qu’avec le temps, c’est là tout ce qui me restera de ce film.
Jamais dévoiler le meilleur dans une bande originale... jamais.
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07.10.2006
Le parfum
Je vais au ciné... hum... une fois par an.
Pour être sincère, je suis une privilégiée, l'heureuse locataire d'un décodeur, lequel me donne accès à Canal Sat.
Ce n'est donc plus moi qui vais au cinéma, mais le cinéma qui vient à moi.
Oui, je suis consciente de la chance que j'ai, et oui, c'est vrai, je suis royale. Mais attention, il y a quand même des désagréments à être mère de famille. On ne peut plus voir la moindre nouveauté batifolant-nez-au-vent, comme quand on était jeune, fougueuse, idéaliste, échevelée... et seule. Donc, pouète pouète.
Hier soir, je suis allée voir l'adaptation du Parfum de Patrick Süskind. Pour répondre à Tant-Bourrin, cela fait plusieurs mois déjà que Voir-L'adaptation-du-Parfum est greffé dans mes priorités de ce début octobre. Car lorsque je tiens un film au bout de mon périscope, lorsque j'émerge de mon monde intime pour regagner le nôtre, à ce moment-là, mesdames et messieurs... rien ne m'arrête.
Est-il besoin de vous résumer le bouquin?
Non?
Tant mieux. *S'éponge le front en faisant ouuuuuuuuf...*
Revenons à nos moutons. Heu... à nos grenouilles.
Malgré quelques imperfections; un Grenouille enfant aux yeux trop grands, trop beaux, trop doux, un Grenouille adulte bien trop lissé, les sept années dans la grotte carrément survolées et l'après grotte escamoté... ça marche du tonnerre.
Deux heures trente de bonheur visuel, auditif et... olfactif.
Allez voir Le parfum de Tom Tykwer. Je doute que vous soyez déçus.
Quand bien même vous deviez me hair pour cette incitation, je me livrerais à vous déjà pré-enrubannée, pour que vous puissiez ravir mon odeur en toute impunité.
... marché conclu?
00:05 Publié dans Si on causait cinoche? | Lien permanent | Commentaires (17) | Envoyer cette note





