23.07.2007

Monstrueuses vacances à tous!

Nous partirons samedi.

Retour probable autour du 15 août.

Je suis en pleins préparatifs. Je n’aurai plus l’envie, ni le temps de poster.

Pour cette dernière note d’avant départ, la photo d’une de mes toiles à l’huile.

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Même s’il n’y parait absolument pas (on peut être différent sans que ça se voit), je me suis grandement inspirée d’une BD sur le thème de la différence, pêchée en biblio jeunesse, Jésus Betz.

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Sous la forme d'une lettre adressée à sa mère, Jésus Betz raconte son histoire. Pour cet homme tronc, la vie ne s'annonce pas aussi paisible que celle de ses frères et soeurs. Confié à un curé, puis à un pirate, Jésus Betz s'embarque sur un bateau et découvre les océans, en débusquant les baleines. De retour sur la terre ferme, il est enrôlé dans le monde du spectacle où il finit par faire fureur avec sa mémoire d'éléphant et sa voix de Soprano. Jésus Betz trouvera le bonheur malgré son handicap, auprès d'une ravissante acrobate muette. Illustré par François Roca, ce destin hors du commun est raconté d'une manière à la fois touchante et pudique car le narrateur, au milieu de tous ses malheurs, ne livre à sa mère que le meilleur. (commentaire de l’éditeur)

Tant que j’y suis, je vous conseille deux bouquins.

 

Les frères Y de Marie-Eve Stenuit.

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Nés dans le nord de l’Italie en 1877, Giuliano et Gian-Giuseppe partagent le même corps. Examinés et exhibés jusqu'à l’âge de 20 ans, ils s’installent dans une villa près de Venise et aussi étrange que cela puisse paraître, prennent femmes.

 

Le recueil de nouvelles d’Emmanuelle Urien, La collecte des monstres, que j’ai dévoré presque sans respirer, tellement il est mordant.  

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La vie charrie des monstres. Des personnages discrets à l'existence encombrante... De ces gens presque ordinaires elle dit le quotidien, dans ce qu'il a de moins glorieux et de plus sombre. (commentaire de l’éditeur)

 

Monstrueuses bonnes vacances à tous. ^^

20.06.2007

Le Tiroir à cheveux

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Je ne sais plus comment ni pourquoi j’ai découvert Emmanuelle Pagano.

Il y a quelques temps, je m’étais jurée d’y aller mollo avec les livres, de ne plus acheter que du fantastique, tout ça.

Rien que le titre, Le Tiroir à cheveux… j’ai craqué. Un pic de curiosité dans l’estomac, je suis allée le chercher à la bibliothèque municipale, j’ai fouiné, fouiné, fouiné, mais ils ne l’avaient pas.

J’ai attendu un peu que l’envie passe, car en matière de bouquins je suis un panier percé. Résultat : il me le fallait quand même, c’était une envie pure. Une envie pour de vrai.

Ni une ni deux, je l’ai acheté.

Couverture blanche des éditions POL, livre épuré, doux au toucher, léger. Je suis entrée dedans, pas pu le refermer.

Un quotidien d’avant pendant vécu de l’intérieur, pas de suspens, mais un JE. Une incarnation.

Dans Le Tiroir à cheveux, Emmanuelle Pagano habite une jeune fille qu’elle a réellement connue, jadis.

Une apprentie coiffeuse, innocente, inculte, dont les copains profitent, et qui, à 15 ans, devient la mère de Pierre, un enfant vide.

« De temps en temps je le dévisage, comme ça, parce qu'on ne sait jamais, mais si je croise ses yeux, je baisse les miens, parce que son regard nu, ça me fait devenir seule. »

Une belle personne que cette apprentie coiffeuse sensible, douce, patiente, qui n’aime rien tant qu’à caresser, humer, démêler, arranger les cheveux, même sales, même vieux.

Elle a l’intelligence des sens, elle écoute, goûte, touche, respire. Petite, elle avait fait une tresse des cheveux qu’on lui avait coupés et la gardait dans sa poche, la tripotait.

Elle se mettra à sentir, aimer, vouloir ses enfants. Car ils sont deux, maintenant, Titouan est né trois ans après Pierre.

Elle est seule, toute seule avec son ennui, son amour sensuel, respectueux, pour ses petits, les deux, même si le premier ne la voit, ne l’entend pas, encore que... peut-on jamais savoir?

L’emprise familiale, les lois, se rendent-ils compte que cette jeune femme, à 20 ans, n’est pas si mauvaise mère que ça ?

C’est une écriture comme j’aime, une écriture de l’instinct, poétique, animale.

Pour vous rendre compte, les premières pages en PDF.

PS pour Pascal: ouiiiiiiiiiii, je sais que tu te rases la boule, que tu ne peux pas lire un livre de plus de trois mots. ^^

18.06.2007

Mes placards mis à nu

J’ai la flemme de rédiger mes notes, celle de mener à bien mes bêta lectures (pardon Free, pas taper, pas taper), par contre qu’est-ce que je peux trier et repasser comme linge !

Je ne sais pas, ça doit venir du temps, du fait que mes placards implosent. Joie intense, au moins ai-je remis la main sur quelques pantalons d’été dont je n’avais plus le moindre souvenir !

D’un coup, vlà un premier froc quasi inconnu qui se jette sous mes doigts, et puis un autre, et un autre, y’a des jours comme ça où je me croirais dans la caverne d’Ali Baba sans bouger de chez moi.

Avec trois sacs de linge à donner et la quarantaine qui arrive à grandes enjambées pluvieuses, j’ai décidé d’appeler à la rescousse une courte fiche de lecture, préparée il y a quelques semaines. Oui, mea culpa, ça fait remplissage, que les pas contents m’envoient un mail pas content, je les lirai avec intérêt.

Pour les notes suivantes, on verra… toujours est-il que je continue à gratter de la fiction, ça, ça n’est pas près de changer. Ou alors faudrait-il m’emmener faire un vrai tour du monde. Mais heeeeeeeeeeeeem, ça n’est pas près d’arriver.

Sauf si je gagne aux jeux auxquels je ne joue pas.

Sauf si le Marechal Antenne En Or de Vinci me prête sa machine à chargement frontal complètement volante.

Sauf si Pascal me cède quelques-unes de ses pilules roses pour devenir cigale à moteur. (c’est pas gagné, il est hyper radin, il les gobe toutes)

Sauf si Hippobert, le très célèbre Chevalier de Tant-Bourrin, m‘octroie une place gratuite sur son fier destrier édenté pour que nous allions gaiement festoyer en des terres reculées, entre vous et moi il y a fort à parier qu’elles soient non chrétiennes.

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C’est sur le blog de Gaëlle que j’ai eu vent de ce livre, il me disait bien, je me le suis offert.

La mariée mise à nu de Nikkie Gemmel, 352 pages à même la tête d’une femme mariée, avant qu’elle ne conçoive un bébé. Ses fantasmes, ses désirs sincèrement écrits à la seconde personne du pluriel, chose rare, le vous impliquant une participation active, incontournable.

Les femmes s’y retrouveront, plus ou moins fortement.

Nous avons là des pistes de réflexion sans concessions, desservies par une écriture fluide, légère, pourquoi une femme se marie, pourquoi elle veut un enfant, comment elle aimerait réellement qu’on lui fasse l’amour, ce qu’elle ressent, n’ose exprimer.

« Tous ces petits gestes vous poussent à la gentillesse, la gentillesse engendre la gentillesse, le mariage est presque une compétition de gentillesse. »

On se voit confirmer que la sexualité féminine se jardine, qu’elle prend sa source dans ces petits riens que la femme transforme, associe, couple, sublime, plus ou moins cachée derrière sa peur d’assumer, de vivre pleinement ses désirs. Parce qu’elle est un peu perdue aussi. Faire plaisir, être une bonne épouse… comment s’y retrouver?

« Vous souriez. Vous portez le papier à vos lèvres comme pour l’anoblir. Vous appellerez demain, juste pour dire bonjour, amicalement, rien de plus. Vous avez la sensation d’avoir plongé d’un coup dans la partie peu profonde d’une piscine en un plongeon téméraire, mais tout va bien, vous ne vous êtes pas brisé l’échine ; vous pouvez continuer à sourire tout en vous propulsant… »

Pour anecdote, mon mari a ouvert le livre et il est tombé pile sur les passages les plus torrides et les plus crus du texte. Manque de bol, mon frangin était à la maison, je vous passe les commentaires, les aaaaaaaaah bon, tu lis ce genre de bouquins, toi ? Rires gras, gloussements virils et compagnie.

Mais noooooooooon, c’est pas tout le long comme ça, raaaah, pffff, z’avez qu’à le lire en entier… ! Et toc.

Un beau livre qui m’a parfois mise mal à l’aise. Quand par exemple l’héroïne donne son corps à qui n’en veut, j’ai éprouvé un sentiment de gâchis, de dégoût, j’ai failli refermer le livre.

Toutefois, des passages emprunts d’une rare sensualité jalonnent ce roman magnifique, dérangeant. Magnifique et… dérangeant.

Voilà, voilà, il se fait tard, je vous laisse, j’ai mes placards d’Ali Baba à finir d’explorer… des fois que… je sois la plus belle le 30 juin, gné gné gné… !

PS: tous les liens des fameux mis en gras figurent dans ma colonne de gauche, j'ai aussi la flemme de les recenser sur cette note.

06.06.2007

J'aurais voulu être... un artiiiiiiiiiiiste

C’est à mon ami Gilles Le Faucheur que je dois l’inspiration de cette note.

J’ai terminé Supermaxi, son  roman mis en téléchargement gratuit sur le webzine La Factory. Le ton est familier, plaisant, drôle et amer à la fois. Il ne se passe pas grand-chose, dans ce roman, c’est la vie de Jean-Yves, et à travers sa vie, celles de centaines d’entre nous. Pourtant, je l’ai lu fébrilement et en suis ressortie pensive, troublée, sincèrement touchée.

J’ai retenu cette trouvaille parmi d’autres : « Nous avions nos places, nos chevaux préférés, sur le grand carrousel de la médiocrité. »

Alors un grand merci à toi, Gilles. Continue à écrire et à composer.

Place à la note du jour que Supermaxi m'a inspirée…

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Tout le monde se souvient de la chanson, Le blues du business man, de Luc Plamandon et de Michel Berger :

J'ai du succès dans mes affaires
J'ai du succès dans mes amours
Je change souvent de secrétaire
J'ai mon bureau en haut d'une tour
D'où je vois la ville à l'envers
D'où je contrôle mon univers
J'passe la moitié de ma vie en l'air
Entre New-York et Singapour
Je voyage toujours en première
J'ai ma résidence secondaire
Dans tous les Hiltons de la terre
J'peux pas supporter la misère

J'suis pas heureux mais j'en ai l'air
J'ai perdu le sens de l'humour
Depuis qu'j'ai le sens des affaires
J'ai réussi et j'en suis fier
Au fond je n'ai qu'un seul regret
J'fais pas ce que j'aurais voulu faire

J'aurais voulu être un artiste
Pour pouvoir faire mon numéro
Quand l'avion se pose sur la piste
A Rotterdam ou à Rio

J'aurais voulu être un chanteur
Pour pouvoir crier qui je suis

J'aurais voulu être un auteur
Pour pouvoir inventer ma vie
Pour pouvoir inventer ma vie

J'aurais voulu être un acteur
Pour tous les jours changer de peau
Et pour pouvoir me trouver beau
Sur un grand écran en couleur
Sur un grand écran en couleur

J'aurais voulu être un artiste
Pour avoir le monde à refaire
Pour pouvoir être un anarchiste
Et vivre comme... un millionnaire
Et vivre comme... un millionnaire

J'aurais voulu être un artiste
Oh...
Pour pouvoir dire pourquoi j'existe

J’aimais, et j’aime toujours Starmania, mais cette chanson précise m’a toujours laissée un brin perplexe.

 

Souvent, je me suis demandée ce qu’elle pouvait bien signifier, sinon « hé, pauvres artistes inconnus qui êtes obligés de porter des palettes ou de tenir les caisses des supermarchés pour bouffer chaque jour, consolez-vous, les richissimes malheureux rêveraient d’être à votre place ! »

Je me disais « si vraiment les richissimes malheureux voulaient devenir des artistes heureux en train de faire leurs numéros, ils le pourraient. Même qu’ils en feraient leur principale source de revenus.»

Dans cette chanson, notez que l’incontournable chaîne d’hôtels Hilton est citée.

Cette chaîne, c’est le symbole de la puissance, de la réussite. Tout le monde en a entendu parler, mais pas grand monde n’y a mis les pieds. Ceux qui en ont entendu parler sont ceux qui n’y sont jamais allés, car ceux qui y sont déjà allés n’en parlent pas. Pour eux c’est la même chose que pour nous quand on voyage en France et qu’on s’en va roupiller au Formule 1, c’est la routine, on ne cause pas de la routine, on s’efforce tous de l’oublier.

 

La chaîne Hilton a une héritière parmi d’autres, Paris Hilton.

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A 26 ans, cette héritière a prouvé que la chanson de Starmania est vraie, que non seulement elle est vraie, mais représentative de cette hargne d'être soi propre aux richissimes passionnés.

En effet, le blues du business man (ici de la business woman) est un formidable moteur intérieur qui le (ou la) pousse à obtenir ce qu’il (ou elle) désire réellement afin de vivre comme un (ou une) millionnaire, tant qu’à faire.

Parmi les sources de revenus de Paris Hilton, voici un petit aperçu des métiers artistiques auxquels elle s’est essayée, sachant qu’elle s’est fait connaître sans le moindre piston, grâce à ses propres talents d’actrice sur le Web et à son petit ami de l’époque. Si ça n’est pas déjà de l’art, alors qu’est-ce ?

Actrice :

Emission de télé-réalité The simple life (3 à 4.5 millions de dollars)

Présence pour des fêtes et évènements (ses tarifs vont de 150 000 à 1.5 million de dollars par soirée)

(Logiquement elle peut se trouver beau)

Chanteuse :

CD intitulé Paris

(Là, logiquement elle crie qui elle est)

Créatrice :

D’une ligne de bijoux

D’une ligne de sacs à mains

D’une ligne de montres

De trois parfums

D’un jeu de téléphone cellulaire

De deux boîtes de nuit, dont 22 autres en projet

(Là, elle comprend mieux pourquoi elle existe)

Auteure :

De deux livres

(Là, logiquement elle invente sa vie)

Le reste est secondaire :

Partenaires publicitaires

Portefeuille boursier (c’est ennuyeux de parler d’argent, dit-elle souvent)

5 % des dividendes des hôtels Hilton

 Récemment, elle s’est même essayée à devenir un(e) anarchiste. Elle a conduit sans permis et elle est en prison. Ça c’est de la vraie business woman qui ose faire ce qu’elle aurait voulu faire !

Photo représentant l’artiste Julian Beever trouvée ici.

02.06.2007

Contes Myalgiques I, Les Terres qui rêvent

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Contes Myalgiques 1, Les Terres qui rêvent, de Nathalie Dau, je l’ai fait durer… autant que j’ai pu. Car du premier au dernier mot, c’est un véritable écran panoramique qu’on a devant les yeux.

 

Déjà, il y a l’écriture de Nathalie, riche, altière, scintillante, gourmande. On dirait l’écriture d’une fille sans âge, surgie d’une autre époque et d’un immense royaume.

 

M'étant longtemps axée littérature générale, je me suis lassée de cette nouvelle génération d’écrivains, « originaux », minimalistes, moi, moi et moi, écriture à la première personne, comme je te parle, mec, écriture SMS, à tel point que perso je fais la moue, ouaip, pas des masses convaincue, d’accord il en faut pour tous les goûts, c’est clair et c’est aussi pour cette raison que je me suis tournée vers les littératures de l’Imaginaire.

 

Lire du Nathalie Dau, c’est tout de même quelque chose ! A la fin du recueil, il y a cette superbe postface de Jean Millemann - Hantise, vous vous souvenez, sa nouvelle figure parmi mes gros coups de coeur de l’anthologie (Pro)Créations - qui parle si justement de Nathalie

 

Vous l’aurez compris, il n’y a pas qu’un style, dans ce recueil, il y a ces histoires, ces contes pour adultes, aussi terribles qu’ils sont merveilleux. On passe de l’un à l’autre, esbroufé, stupéfait…

Parce que franchement, un style qui ne sait pas raconter une histoire, c’est comme de bons ingrédients mélangés sans moule à gâteau pour les mettre au four.

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Ces contes, je les ai tous dégustés, mais pour que vous puissiez vous rendre compte à quel point Nathalie écrit bien, voici un extrait de mon favori, mon chouchou, mon conte préféré de tous les préférés ; Demain les trottoirs… :

 

« Les rires et la beauté ont vite succombé sous le passage des roues, le martèlement des semelles. Blancheur souillée, touillée, soupe où surnagent des morceaux déposés par les chiens qui ont appris le caniveau. Et l’eau a sangloté toutes les larmes de la neige. Mais le froid congèle et retient. Son étreinte pose un vernis traître et scintillant sur les pavés et les trottoirs. Aujourd’hui, l’eau se tait, telle une captive engoncée dans un carcan de pure terreur, chaînes taillées dans le verglas. Un bruit demeure. Un craquement dans les glaçons festonnant les gouttières, dans les flaques brisées par une démarche pesante… »

En ce qui me concerne, je l’ai acheté aux Imaginales, en avant première, ET Nathalie me l’a dédicacé.

La souscription est ouverte jusqu’au 15 juin via le site des éditions Griffe d’Encre. Les frais de port et une carte du rough de Magali Villeneuve (la couverture est d’elle) vous sont offerts.

 

Un concours en partenariat avec Elbakin.net est lancé simultanément jusqu'au 10 juin minuit : pour tenter de gagner l'un des 5 exemplaires mis en jeu, c'est ici.

Pour lire le début de chaque nouvelle, c’est par là.

 

Pour voir l'article du journal en grand. (je ne suis pas parvenue à faire mieux, informatique, quand tu ne nous tiens pas...)

 

31.05.2007

Lire...

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Il est fréquent que je déniche des confidences du genre:

Mes parents étaient de grands lecteurs, ce sont eux qui m’ont transmis le goût de la lecture.

Ou encore C’est ma mère qui lisait beaucoup.

Ou bien Mon père avait une bibliothèque immense, je tiens ça de lui.

J’ai beau réfléchir, dans ma famille très proche ne se trouvait aucun lecteur.

Ma mère avait lu, elle disait très souvent je lisais, ou quand j’étais jeune j’ai lu, ou tu devrais lire ça, je me souviens l’avoir lu à la lampe de poche, sous les couvertures.

Mais d’aussi loin que je me souvienne, je ne lui ai jamais vu le moindre bouquin entre les mains.

Sauf maintenant.

 

D’ailleurs ça me surprend de la voir lire, ça me surprend et me réjouit, d’autant qu’elle s’intéresse de près à mes nouvelles, à mes textes longs, mais comme elle n’est pas tellement bonne conseillère, ou tout du moins ne sait-elle pas mettre en mots ses impressions, je ne les lui donne à lire qu’une fois achevés.

Ce qu’elle préfère, c’est du témoignage, du vécu.

 

Comme j’ai une biblio qui explose, elle a l’embarras du choix. Notez que le vécu n’est pas mon truc et qu’elle a déjà lu le peu de vécu entreposé dans ma biblio.

 

Lorsque ma mère aura remis la main sur ses lunettes (elle a fouillé partout, même dans la poubelle), il ne restera plus… que la fiction pour satisfaire sa nouvelle faim, soit 97,4 pour cent du contenu de mes rayonnages. Et vous n’êtes pas sans ignorer combien je suis matheuse, n’est-il point ?

Encore que je la gruge assez facilement, hé hé hé. Si j’ai très envie de lui faire découvrir une fiction que j’ai aimée, alors je laisse planer le doute, on dit que c’est une histoire vraie, tu sais ? Aaaaah, une histoire vraie ? Fais voir !

Mon père, c’était un matheux, un tourmenté, un tracassé. Côté lecture, sorti du journal et du magazine Télé 7 Jours (souvenez-vous du fameux concours de dessin auquel il a tant voulu que je participe), il n’y avait plus personne.

Pourtant.

Ma mère m’achetait tous les livres que je demandais, y compris ceux que je ne voulais pas. J’ai été une lectrice gâtée pourrie. Devant les gens, mon père soupirait fièrement Ma fille passe ses journées à lire, impossible de lui faire mettre le nez dehors.

 

Quand je lui disais Papa, devine ! J’ai encore eu 16 à ma disserte de français, il ameutait tout le monde, et ça me faisait rougir, je voulais qu’il se taise, parce que franchement, moi je savais bien que les gens n’en avaient rien à faire, des notes de sa coincée de gamine, laquelle, soit dit en passant, collectionnais les cartons rouges en maths.

Mais c’était beau, c’était bon, ça me réchauffait en dedans, ça me faisait oublier le caractère absurde de mes nuits, les sifflements, les bonbons aux plantes, les suppositoires à la théophylline, la tripotée de mouchoirs sales, les angoisses de ne pas arriver à fermer l’œil, d’être encore et toujours ce petit zombie filiforme, mal fringué et las, qui longeait les couloirs du collège, du lycée, inexistant, blafard, mal dans sa peau.

Un jour, dans le garage de ma mère, j’ai trouvé de vieux livres.

Des cartons de livres un peu guindés, jaunis, exhalant une odeur de temps qui a passé, de rêves évaporés. Certains avaient appartenu à mon père, d’autres à ma mère.

 

J’ai compris que oui, que mes parents avaient lu, mais qu’à l'époque de leur jeune âge, les bouquins étaient un luxe.

J’ai gardé leurs livres, mais je ne les lirai pas, je ne les lirai jamais, ça me ferait mal.

Je veux qu’ils restent fermés sur leurs traces, celles de cet homme, de cette femme, que j’aurais aimé connaître quand ils avaient 10, 13, 16 ans, quand ils les ont ouverts, lus, aimés, détestés, il y a de ça très, très, très…  longtemps.

 

22.05.2007

(Pro)Créations

b9e3a0c7d3450e645129e289f2920b23.jpg Quand j’ai vu pointer son gros ventre, j'ai craqué. Je me suis dit Il me la faut !

Je parle de Lucie Chenu, plus spécialement de l’avatar rond et pointu qu’elle utilise sur les différents forums SFFF que je fréquente aussi !

Le gros ventre en question, c’est la couverture de la superbe anthologie qu’elle a dirigée et qui a été publiée aux éditions Glyphe.

Comment ai-je su qu’il me la faudrait ?

D’abord à cause de sa thématique, elle répond à Bébé bourdon… ma fameuse fiction de littérature générale qui cause de l’après-bébé, vous vous en souvenez ?

Ensuite parce que Nathalie Dau (Le goût du miel dans Ouvre-toi), Léo Lamarche (nombre de textes d'elle un peu partout) et Antoine Lencou (Ah la porte ! dans Ouvre-toi) figuraient au sommaire.

Enfin, parce qu’il s’agit d’imaginaire, que la couverture est belle. Tout simplement.

Pour me l’offrir, j’ai attendu le festival des Imaginales, et j’ai bien fait. Nathalie Dau m’a présentée à Lucie qui n’en avait plus que deux exemplaires ! Ouf, j’ai eu chaud!

Beau et grand livre à la maquette aérée, couverture sombre et brillante.

Des histoires variées, des styles, 22 auteurs plus ou moins reconnus, une manière à chaque fois très personnelle d’aborder la thématique de la (pro)création.

Après une mise en bouche signée Lucie, on commence très fort par un conte fantastique (dans tous les sens du terme) de Francis Berthelot, Le cimetière des toucans, un vrai régal qui m’a laissée rêveuse.

Comme de bien entendu, il y a des nouvelles qui me marqueront plus que d’autres, à ce sujet notons que j’ai toujours autant de mal avec la fantasy. Aucun souci, le fantastique et la SF abondent dans cette anthologie.

En plus du cimetière des toucans, immense coup de cœur pour :

-         Emmanuel d’Hélène Calvez, conte fantastique autour d’un bébé mystérieusement devenu vrai dans une fausse crèche de Noël, profil de polar, bon suspens.

-         A 4 mains de Jean-Michel Calvez, nouvelle SF bouleversante, axée sur notre manie à contrôler le monde et ses êtres vivants, ça m’a fait froid dans le dos. (Tiens, deux Calvez. Sont-ils de la même famille ?)

-         La dormeuse blême de Léo Lamarche et All the accidents de Lelio, deux nouvelles sur les fortes blessures, les traumatismes liés à l’enfantement non désiré, remarquablement écrites et qui m’ont chavirée d’émotion.

-         Hantise de Jean Millemann, histoire fantastique assez classique sur la mort, la renaissance, mais belle à couper le souffle, tout se recoupe, tout se transforme, tout est lié.

Oui Nedeleg, Nouveau-Né m'a bien fait sourire! ^^

J’ai été surprise de trouver une nouvelle de l’illustre Martin Winckler (La maladie de Sachs), intitulée Mort in vitro.

Enfin bon, la concernant, je l’avoue, j’ai été déçue. Non seulement je ne suis pas certaine d’avoir compris la chute… mais en la lisant, je n’ai pas ressenti le profond trouble que La maladie de Sachs avait su éveiller en moi. D’autant qu’avec un thème pareil traité par un auteur pareil, je m’attendais à tomber de ma chaise! Voilà ce que c’est que d’avoir écrit un excellent bouquin, Monsieur Winckler, il se trouve que Madame Votre Admiratrice devient très exigeante!

Globalement, une anthologie de grande qualité. Bravo à tous. Je recommande chaudement.

 

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Et parce qu’on parle de création et d’imaginaire, j'ai le plaisir de vous informer qu’Univers IV, quatrième numéro de la web-revue d’OutreMonde (thème Les bâtisseurs) est sorti !

Toutes mes félicitations à l’équipe.

84 pages d’Imaginaire forte concentration, téléchargeable gratuitement ici.

 

03.05.2007

Dédicace

Une semaine que je n’ai pas posté d’article ! Hé bé ma vieille, on voit que tu frôles les 40 ! Pfiouuuuu, quel laisser-aller !

Allez, je vous la dois, la vérité sur l'insupportable, l'inexcusable silence. Siiiiiiiiiii, j’insiste ! Vous êtes mes lecteurs assidus et je suis l’une de vos blogueuses bien aimées. Peut-être même votre préférée… (Aaaaah, laissez-moi rêver, je ne suis plus toute jeune!) Quoiqu’il en soit, je suis responsable d’une infime part de votre évasion et je prends donc ma fonction très au sérieux.

Voilà ; en ce moment je réfléchis. Et pas qu’un peu.

Samedi 12 mai, comme vous le savez, je me trouverai à Epinal, aux Imaginales, sur le stand des éditions Griffe d’Encre.

Surveillez la production de cette petite maison fantastique. Si vous aimez l’intervention du surnaturel dans la réalité, n’hésitez pas, glissez l’un de ses liens sur vos blogs, sur vos sites. Allez voir ses très jolies bannières qu’éventuellement, vous pourrez vous faire tatouer sur le bras, la fesse ou le sein. Pour prévenir tout risque d'infection, demandez à Free de vous conseiller en matière de tatouage, c'est une experte.

Pour le moment, Griffe d’Encre publie une anthologie et une novella. Mais bientôt, il y en aura d’autres, il s'y trouvera aussi des romans, des recueils (celui de Nathalie Dau est quasiment prêt).

Le 12 mai, donc, je pencherai la tête sur une première anthologie belle comme une colombe et ma chevelure de brune, nourrie au beurre de karité, en frôlera les pages (encore que demain j’irai chez le coiffeur, donc forcément, même une semaine après, ça frôlera bien moins que si la dédicace avait eu lieu cet aprem, par exemple). A ce propos, j’espère la pencher souvent, la tête. Que les futurs lecteurs enthousiastes d’Ouvre-toi soient très, très… super méga nombreux.

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(Message perso destiné à Nicos ; je ne t’oublie pas et je n’ai pas reperdu ton adresse…)

Seulement voilà. Je n’ai jamais rien dédicacé. Enfin si, quelques dessins représentant la délicieuse Candy aux cotonneuses couettes blondes, mais c’était il y a longtemps, au collège, pendant les heures d’étude, et c’était juste une moitié de prénom, en bas à droite. Nath. Trois fois rien.

Que doit-on écrire au lecteur tremblant de bonheur et dégoulinant d'excitation quand on dédicace une nouvelle dans une anthologie ? On écrit bien quelque chose... Une petite note personnelle. Pas rien qu’un prénom et un nom. Si ?

Me sont venues quelques idées...

J’hésite, je tergiverse, je me tâte… dites-moi…

I love you, poupoupidou. Nathalie S. (c’est un classique, mais ça marche toujours du tonnerre de Brest)

Tu sens la clope. Nathalie S. (à un fumeur qui ressemble à Serge Gainsbourg)

J’ai oublié de mettre une gaine. Nathalie S. (au Maréchal Antenor)

C’est votre couleur naturelle ou vous les teignez? Nathalie S. (à la grande blondasse de la Roue de la fortune)

Mon grand fils et moi, on s’est plantés ce matin, il porte mes lunettes et je porte les siennes. Nathalie S. (à un graphologue qui écarquillerait les yeux de terreur en me voyant former mes lettres)

Ma nouvelle ne se termine pas mal. Nathalie S. (Pour si jamais le Maréchal Antenor, dans le but de me convaincre de manger avec lui avant le 30 juin, achète une seconde anthologie)

Ah non, pas sur la bouche, c’est dégueulasse! Nathalie S. (à Michael Jackson) 

Non merci, j’ai déjà mon propre stylo. Nathalie S. (à Jeanne Marie The Pen)

Ecrire est une activité tout aussi ludique que le jardinage et dont il est inutile, voire néfaste, d’être jaloux puisque l'auteure ne pourra jamais avoir la moindre liaison charnelle avec ses personnages. Nathalie S. (à Viggo Mortensen alors que mon mari se tient à vingt centimètres de nous)

02.04.2007

Les quatre...

medium_Sans_famille.jpg Ben voilà, ce soir j’ai planché au-dessus d’une patate chaude, celle que m’a gentiment refilée Gaëlle, et j’avoue, ouiiiiiiiiiiii j’avoue… que je me suis bien amusée. Au moins aurai-je été dispensée de film ennuyeux car, bon, soit ça vient de moi, soit Canal Sat y veulent rien passer de bien en ce moment, exprès pour m’embêter.

Les quatre livres de mon enfance :

Toute la collection des Tintin, d’Hergé. (Mais noooooooon je ne triche pas, «toute la collection », on dit que ça compte pour un livre.)

Le jardin secret, de Francès Hodgson Burnett, bibliothèque du chat perché chez Flammarion, 1980. Mary Lennox perd ses parents en Inde. On l'envoie dans l'immense et sinistre manoir de son oncle, lord Craven, dans le Yorkshire, régenté par la sévère Mrs Medlock. Désespérée, Mary se lie d'amitié avec Colin, le fils de la maison qu'on croit malade, et Dickon, le frère de la servante. Ensemble ils découvrent un jardin secret aux abords de la maison. L’histoire est très classique, mais c’est le coup du jardin secret qui m’avait enchantée, tout ce que j’avais imaginé moi toute seule et que personne d’autre n’imaginerait jamais, alors qu’en réalité, dans ce bouquin il se passe trois fois rien.

Quo vadis, d’Henryk Sienkiewicz, dans la somptueuse collection 1000 Soleils Or de Gallimard, 523 pages, imprimé en 1979. J’ai lu ce maous costaud à l’âge de 11 ou 12 ans. Bien au chaud dans mon sac à dos, il aura arpenté moult fois l’établissement thermal du Mont Dore, notamment spécialisé dans les pathologies des voies respiratoires, admirant ses fresques, ses rosaces, ses marbres, ses mosaïques et ses coupoles. Je le sortais à chaque fois que nous patientions, surtout dans la salle finale, pleine d’un épais brouillard jaunâtre au sein duquel  mon frère et moi devions respirer une demi heure à une heure de temps. Ses pages ont jauni, mais le brouillard de la salle les avait déjà jaunies avant. Il est plein de bleus, de rides, d’escarres. Pourtant, il trône dans ma bibliothèque où il a sans doute… la meilleure place.

Sans famille, d’Hector Malot, Hachette, 1978. Encore un pavé de 504 pages qui m’a bouleversée. Je me suis identifiée aux chiens. Hé ben siiiiiiiiiii, vous avez bien lu, je me suis identifiée aux chiens, lesquels devaient exécuter leur numéro. C’est un peu ce dont j’avais moi-même l’impression ; celle de devoir exécuter un numéro dans ce monde plein d’écoles, de respirations sifflantes et d’obligations. Bien que déjà cruellement allergique aux chiens, aux chats, aux chevaux, aux lapins, je raffolais des animaux. Assez mal reçue par mes semblables, je les préférais d’ailleurs aux humains. (Pourquoi n’ai-je jamais développé d’allergie à l’Homme? Mystère.)

Les quatre écrivains que je lirai et relirai encore :

Eric Emmanuel Schmitt, même s’il n’a toujours pas répondu à ma lettre d’admiratrice. Méchant.

Boris Vian, l’éternel, le fantaisiste, le petit génie.

Italo Calvino, ma che buoniiiiiiiiiiiiiiiiissimo !!!

Une créature spécialement cousue par le docteur Frankenstein, soit le morceau gauche de Franz Kafka collé au morceau droit de Dino Buzzati.  (Ma che buoniiiiiiiiiiiiissimo!)

Nota bene : ouiiiiiiiiiiiiii je suis d’origine italienne. Farpaitement !

Les quatre auteurs que je n’achèterai ou n’emprunterai jamais plus :

Philippe Djian : il me file la nausée, mais pas celle de Jean Sol Partre. (hommage à Boris)

Michel Houellebecq : il ne parviendra jamais à me toucher, ne serait-ce qu’une oreille. En plus de ça, il me gonfle.

Nietzsche, depuis que je suis partie acheter Ainsi parlait Zarathoustra toute pleine d’espoir. Franchement, soit je suis très bête (ce qui est fort probable, vu les quelques tests de QI que j’ai déjà honteusement massacrés via le web), soit Nietzsche avait avalé des hiéroglyphes avec une bonne rasade d’eau-de-vie quand il a écrit ce bouquin. Exemple : « De tout ce qui est écrit, je n’aime que ce qu’on écrit avec son sang. Ecris avec du sang, et tu apprendras que sang est esprit. Il n’est guère facile d’entendre le sang des autres : odieux me sont oisifs qui lisent. » Je ne sais pas... quelqu’un aurait-il un décodeur?

Rika Zaraï… mouhahahaha, c'est une blague à la noix, car sur le coup je ne trouvais pas le dernier.  Bon, alors au hasard mais pas tant que ça... Christine Angot.

Les quatre livres que j’emporterais sur une île déserte :

Pfffff, franchement ! Qu’est-ce que j’irais faire de quatre bouquins sur une île déserte, quand mon principal souci sera de me nourrir, de me couvrir, de me soigner et de dormir au sec, à l’abri des boas constrictor et des anthropophages? On dit que je négocie… Okey man, je t’échange quatre bouquins écrits par Michel Houellebecq contre: une boite d’allumettes, un marteau, un sachet de clous, une scie, un harpon, un flacon de désinfectant, un aérosol contre l’asthme, du coton hydrophile, un couteau qui coupe, des boites de thon, de sardines (faut que j’apprenne à pêcher au harpon, hein) un paquet de biscottes, six slips Casino en coton (les moins chers) et peut-être aussi une couverture et du savon, si c’est pas trop abuser d’vot’bonté ! Merci beaucoup.

Les quatre premiers livres de ma liste à lire :

Je n’ai même pas de liste, d’abord, je lis ce que j’ai envie de lire et toujours, toujours dans le désordre, tentant vainement de déchiffrer les notes qui se grimpent dessus dans mon calepin si  mal tenu.

Les quatre fois quatre derniers mots de mes livres préférés :

Dites, hé, oh, quatre derniers mots, quatre derniers mots… la phrase entière si je veux, oui !

Il venait, en chantant, onze petites filles aveugles de l’orphelinat de Jules l’Apostolique. (l’Ecume des jours, Vian)

« J’ai peur » murmura-t-il en passant les deux bras autour de sa mère, puis il se laissa couler dans les remous qui menaient droit sur la déferlante. (Les noces barbares de Yann Queffélec)

Et rien ne sera plus comme avant. (Et un jour de plus de Jonas Gardell)

… toi mon royaume à conquérir, futur… (Le chevalier inexistant d’Italo Calvino)

Je refile la loi des quatre à… roulement de tambour.

Pascal, TeeBee (tu l'as eue, tu l'as eue), TeeBee, Pascal. Allez, je blague... la prend qui en a envie.

01.04.2007

L'ancre des rêves

medium_gaelle.jpg

En temps normal, j’ai une dent contre les grands éditeurs qui nous lassent avec leur monopole, et une dent contre les grands en général.

 

Pourtant je ne suis pas trop rikiki non plus, pour mon âge, presque 1 mètre 65 en chaussettes à trous, c’est insuffisant pour faire mannequin chez Chanel, mais largement suffisant pour attraper les packs de bières sur les rayons là-haut. (À force d’exagérer, vous allez me prendre pour une poivrote et ça sera bien fait pour moi.)

 

Si je n’avais pas connu le blog de Gaëlle par le biais de celui de Trollette, j’ose à parier que jamais je n’aurais acheté l’un des bouquins des lauréats du concours Résidence du premier roman, organisé par le magazine Femina et l’éditeur Laffont.

 

Aujourd’hui, je verse de l’eau dans mon vin. Les éditions Laffont mettent à l’étrier le pied d’une vraie romancière, laquelle ne se serait peut-être pas vue offrir la chance qu’elle mérite, si ces derniers n’avaient pas organisé ce concours.

 

Dès que j’ai su que son bouquin était sorti, à Gaëlle, de suite je me le suis procuré.

D’abord parce qu’il est de Gaëlle, que je connaissais déjà son style délié de romancière en puissance.

Ensuite parce que le genre dans lequel elle écrit est fantastique et que c’est ma tasse de thé.

Enfin, pour la couverture signée Letizia Goffi qui prête au rêve comme au cauchemar et qui n’est pas sans évoquer l’imaginaire nuancé de Gaëlle, laquelle sait nous terrifier en nous berçant de douceurs, comme si elle était davantage qu’une femme, mettons une femme-enfant très âgée.

 

Alors bon, certains affirmeront que j’encense l’Ancre des rêves parce qu’il est signé Gaëlle Nohant et que mon jugement est faussé.

Soit. Qu’ils disent ce qu’ils veulent, car ce qui compte, c’est ce que je dirai maintenant.

 

Traitant de thèmes et de préoccupations populaires, ce bouquin, c’est quand même 380 pages de bonheur. 380, pas une de moins.

 

C’est l’histoire d’une famille bretonne.

Ils sont quatre frères, Benoît (15 ans), Lunaire (14 ans), Guinoux (9 ans) et le petit Samson. Quatre frères à faire des cauchemars récurrents, plus vrais que natures, ayant tous un rapport à la mer et aux marins pêcheurs d’une lointaine époque. Un étrange mystère plane autour d’Enogat, la mère, et de sa famille.

Quant à Ewan, le père, il n’y comprend pas grand-chose, d'accord il trouve ses fils par trop sérieux, mais comme il aime vraiment sa femme, il ne pose pas de questions…

C’est Lunaire qui mènera l’enquête.

 

Le style est fluide, foisonnant d’images fortes et justes, c’est un grand sachet plein de bonbons vérités.

 

« Ewan détestait cette manie qu’ont les adultes d’être toujours aux aguets de ce que pensaient ou disaient leurs enfants. C’était eux, les parents, qui auraient mérité d’être soignés, à force de vouloir tout interpréter, tout décrypter de l’intimité de leurs mômes, ce jardin potager qu’ils eussent volontiers retourné en tous sens et bardé de tuteurs pour en contrôler la croissance. »

 

Maintenant, désolée, c’est là tout ce que j’en dirai.

Que voudriez-vous que je raconte de plus sans vous priver d’un mystère pénétrant qui, dès les dix premières pages, vous happera pour ne plus vous lâcher?

Comme dans tout roman fantastique, il faut savoir maintenir le suspense, ne pas trop cafter.

 

Je vous laisse donc seuls juges et m’empresse de souhaiter un bel avenir littéraire à Gaëlle.

 

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