06.03.2007
Griffe d'Encre
Depuis cette note, une métamorphose pour le moins surprenante - relevant du domaine fantastique, ça ne fait aucun doute - s’opère au sein d’une maison d’édition, qui, voilà peu, répondait encore au nom de CeZaMe.
Tout d’abord, l’une des trois drôles de dames de l’équipe cézaméenne s’est changée en deux messieurs.
Comme ça, pif pof.
Sort jeté à la tombée de la nuit, quand les grenouilles visqueuses aux yeux globuleux coassent dans les étangs radioactifs? Café contaminé aux hormones mâles mutantes? Tentative de déguisement qui a tourné au cauchemar?
(Mystère et boule de gomme, mais au moins avons-nous la confirmation qu’une dame vaut bien deux messieurs et là, j’en connais quelques uns qui vont râler, mouahaha)
Puis c’est le nom CeZaMe qui s’est mis à craquer, à couiner, à enfler, à se distendre tel un ballon de baudruche surdimensionné.
D’un coup d’un seul, devant nos yeux ébahis de membres privilégiés du forum, CeZaMe est devenu Griffe d’Encre.
Où sont donc passés a, Z et M? D’où sortent ces lettres supplémentaires?
Personne ne le sait.
Mais le plus étonnant, c’est tout de même la mascotte.
Une terrifiante mascotte aurait été modélée par les doigts diaboliques d’une magicienne, la dénommée Magali Villeneuve.
C’est une mascotte vraiment… redoutable... et toute pleine de griffes, brrrrrrr...
Jugez plutôt…
Par la même occasion, c'est l'ensemble du site qui a mué.
Enfin bon, tout va pour le mieux.
Leur première anthologie sur le thème Ouvre-toi (dirigée par Magali Duez) se peaufine. Préparez-vous, elle sortira sous peu. Avril 2007… c’est dans pas longtemps.
Leur second appel à textes sur le thème de la Terre n’est pas encore terminé, l’échéance a été repoussée au 31 mars.
Alors bonne visite... et à vos plumes !
16:25 Publié dans Des maisons, des zines | Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note
20.02.2007
Il suffira d'un zine
Depuis plusieurs semaines, on pourrait croire que je ne lis plus de livres. Ce qui est faux, hein, j’en lis, sauf qu’il s’agit d’un même livre que je fais durer, moi d’ordinaire grande dévoreuse de papier devant l’éternel.
Et pourtant, croyez-moi si vous voulez… je lis toujours.
Des blogs, mais aussi des nouvelles SFFF à télécharger gratuitement grâce à ces zines que j’ai découverts voilà peu.
Demandant à quelques amis de réunir le plus de liens possibles, je me suis penchée sur une petite histoire incluant tous ces liens et qui serait comme un clin d’œil à nos comptages de signes (nombre de caractères, espaces compris) qu’en tant qu’auteurs, nous pratiquons couramment. Bon, hein, ne vous attendez pas au Nirvana, c’est une histoire très courte, bancale, tirée par les cheveux… en plus il y manque des tas de zines méritants, mais si vous souhaitez en référencer d’autres, la partie commentaires vous est ouverte.
Dans la brève histoire qui va suivre, chaque nom de zine dispose donc de son lien.
Devenez lecteur en téléchargeant vos préférés, auteur en rejoignant une ou plusieurs équipes. Faites comme vous voulez. Le monde de la lecture s’offre aussi et n’est pas qu’une course aux meilleures récompenses.
Les brèves du crépuscule nuancent le ciel qui s'empourpre.
Après le repas, Jules se penche au-dessus de l’ordinateur. Sa mère a délaissé marmite et micro-onde. Elle est là qui tape un texte.« Qu’est-ce que tu fais m’man ?
- J’écris une histoire pour le dernier appel à textes de Phénix mag. Un maximum de 2000 signes à ne pas dépasser. C’est assez difficile d’avoir une belle encre dansante avec si peu de signes. Tiens, je vais imprimer quelques unes des histoires qu’on peut télécharger gratuitement sur le web…
Feuillets en main, Jules regagne sa chambre. Il s’installe pour lire confortablement. Les illustrations sont superbes, tantôt drôles, tantôt effrayantes. Les histoires, très différentes les unes des autres, originales, distrayantes.Puis il range les feuillets et se couche. Mais ce soir n’est pas un soir comme les autres.
Car ce soir, sans le savoir, Jules inventera une histoire de moins de 2000 signes…
A la fenêtre entrouverte de sa chambre apparaît un cygne majestueux.
« Salut toi ! » Lance Jules.
Le cygne lui fait un signe de cou.
« Tu parles le langage des signes ? » Demande l’enfant.
Le cygne acquiesce et lui désigne une pancarte volante sur laquelle il est écrit :
« Il suffira d’un signe… »
Jules sourit. Cette pancarte lui rappelle une chanson de Jean-Jacques Goldman, du temps où ses parents étaient jeunes.
L’enfant grimpe sur le dos du cygne qui s’envole. Du vent dans les cheveux, Jules regarde défiler la terre. Il aperçoit des vaches, des chevaux, et même un troupeau de moutons électriques qui crépitent. Leurs reflets d’ombre ondulent dans le lointain.
Ils se posent sur une sombre planète qu’on appelle Nuits d’Almor.
« On dirait qu’il n’y a aucun signe de vie, ici… » Constate Jules, désappointé.
Soudain, une femme peureuse et toute vêtue de noir le bouscule en faisant son signe de croix.
Il y a cette autre dame aussi, plume à la main et robe d’avocate, laquelle prétend défendre les signes d’égalité. Un médecin barbichu pousse Jules sur le côté, il pointe un doigt rageur, parle de signes physiques et fonctionnels, dit que c’est du sérieux, qu’il faudra opérer. Ses fidèles élèves le suivent de près, curetant des utopies. Un joueur de flutte leur emboîte le pas, désarmé, tandis que des signes musicaux tremblent de peur à l’idée de lui signer une décharge. Une dame en manteau de fourrure, parée d’un collier de perles, grogne que les signes extérieurs de richesse, ça se mérite, mais si.
Jules suffoque.
De drôles d’univers et chimères que voilà!
Ce faisant, Jules et le cygne croisent un doux rêveur, un professeur de français enrhumé, qui produit des signes de ponctuation rien qu’en toussant. Il éternue trois petits points et puis s’en va.
Les voici qui parviennent au sommet de la planète. Un astrologue est là qui étudie le ciel.
« Toi… tu es du signe du lion… ta mort sûre sera inoubliable, viens voir un peu ta constellation ! »
A ce moment, tout devient flou, tout disparaît. Jules se retrouve dans son lit sans trop savoir comment. Le cygne est là qui lui fait un dernier signe, avant de rejoindre les quarante autres cygnes qui l’attendent, étudiant consciencieusement sur la carte du ciel leurs futurs itinéraires.
« En route pour Outremonde! » crient-ils en chœur.
Jules s'endort.
Demain, il racontera cette surprenante histoire à sa mère.
Qui sait, peut-être déciderait-elle de s'en servir!
10:35 Publié dans Des maisons, des zines | Lien permanent | Commentaires (21) | Envoyer cette note
08.11.2006
Têtes, Noms et NON!
Quand je fais mes courses, alors je vois.
Les têtes de gondole comme autant de totems auxquels sont vissées les Têtes apprêtées de nos gens connus.
Comme si on les leur avait tranchées net à la sortie du Fouquet’s.
Vous pouvez toujours chercher, vous n’en verrez aucune avec une mèche de traviole ou un bouton sur le pif.
Il s’y trouve des Têtes pour tous les goûts.
Ceux qui veulent s’entendre parler de la chanson, du cinéma, de la politique, du cynisme, du placement d’argent, du sexe, de la revanche d’un pauvre qui devient riche, de l’accordéon, de la violence, des morts (Mozart, Coluche, Devers…) trouveront leur bonheur.
Les Têtes sont là, souriantes, avec l'air de nous dire choisis-moi, feuillette mes pages, tu verras comme ce que je raconte est excitant!
Nous n’avons qu’à tendre le bras.
Et si nous en prenons une, comme ça, au hasard, aussitôt l’autre à côté, ben ça y est la voici qui fait la gueule.
Après les Têtes, il y a les Noms incontournables que si vous les contournez, ils trépignent de rage, tapent de leur couverture dorée sur le rayon, raaaaah mais tu vas me voir, oui, tout le monde parle de moi! Nothomb, Zeller, Houellebecq, Angot, PPDA…
Il y a longtemps que j’en avais marre.
Je vous l’ai déjà dit, je n’achète quasiment plus de livres.
Ou bien je fonctionne au coup de cœur.
Et alors je suis contente.
Je me réjouis.
C’est MON livre que je ME suis achetée parce que MOI seule en aie eu envie. Non mais.
La Sainte Mère qu’est la Bibliothèque Municipale me reçoit sans fanfare ni trompette.
Chaque fois que je m’y rends, j’ai l’impression d’y être seule au monde.
C’est un no con's land feutré un peu ringard.
C’est une île tranquille, sans voyeurs, sans casse-pieds.
Les livres, que rien ni personne ne peut mettre en avant pour X raisons, y sont classés par ordre alphabétique.
Tous les auteurs y sont logés à la même enseigne.
Ceux qui d’ordinaire font les malins ne font plus tant les malins.
On leur a enfilé la même couverture transparente, ils sont cornés ou jaunis d’avoir été tant tripotés.
Là-bas, pas de libraire formé à discourir autour du nouveau Goncourt.
Pas de bandeau rouge.
Pas d’étalages jonchés de piles colorées et encore chaudes.
Pour une fois, les grands éditeurs auxquels on réserve un peu partout les meilleures places n’y sont pas plus valorisés que les autres.
Car pour les trouver, les petits éditeurs, dans les librairies, eh ben il faut faire fort !
Il faut les commander. Et encore.
C’est long, voire indisponible.
Mieux vaut souvent le faire par le biais de leur site.
L’égalité n’existe nulle part, pas même chez les mots.
Il s’en trouve qui seront sur diffusés et d’autres que nous devrons nous procurer avec les griffes et après avoir versé trois litres de sueur.
Qu’importe, procurons-nous les.
Donnons-leur une chance.
J’aime bien évoquer les petites maisons d’édition qui me touchent et dont je suis les pas.
Vous en avez un échantillon en marge de ce blog.
14:15 Publié dans Des maisons, des zines | Lien permanent | Commentaires (33) | Envoyer cette note




