17.08.2007

Au revoir

0b88caba0004e509bc0602ab0cd7e7d6.jpg Bien le bonjour à tous.

Je rentre de congés.

Ce blog a un an. Ou presque. Je l’ai ouvert le 23 août 2006.  

Pendant mes vacances, j’ai eu la chance folle de rencontrer les méga chouettes Saoulfifre, Margotte et Bof, j'ai visité des volcans et des châteaux, j'ai lu des bouquins et bu des bières, je me suis détendue, et puis j’ai réfléchi. Si, si… un peu quand même !   

Tout change, tout se transforme. Les pages de la vie se tournent comme dans les livres. J’ai besoin d’autre chose. D’un blog plus décontracté, moins travaillé, plus alimenté. Plus spontané.

Celui de la ravisseuse de peaux, de la dompteuse de musaraignes, de la buveuse de bière, s’arrête là. Sans tristesse.

Quand j’ai ouvert ce blog, j’étais une auteure sans maison. Grâce à mon apparition dans leur première anthologie sur le thème Ouvre-toi, laquelle m’a poussée à oser, je fais partie d’une famille, celle des éditions Griffe d’Encre. Prochainement, deux de mes travaux se nicheront dans leur catalogue.

Sortie de route (novella de fantastique décalé) est prévue pour le premier trimestre 2008.

Les corrections d’En quête, mon recueil de nouvelles, se sont interrompues pour cause de congés (si, si, un auteur ça se repose) et vont gentiment reprendre, sous la direction bienveillante de Karim Berrouka. Une plume que celle de ce gars-là. Mais je vous reparlerai de lui.

A ce jour, voilà où j’en suis de ma passion, celle qui me dévore depuis des années. En laquelle je n’osais plus croire. En laquelle je crois, pas à pas, sans leurre, avec un ego discret qui ne se la pètera pas pour autant. Dans le cas contraire, sait-on jamais, je compte sur vous pour me coller une mandale.

Une passion passionne. A force de passionner par monts et par vaux, ce qu’on ne cherche plus arrive. Même que c’est bon. Tout de même moins bon que la passion.

Je vous remercie de m’avoir accompagnée par ici.

Le vin nouveau… heu… le blog nouveau est .

Je clos les commentaires et vous espère sur d’autres pages.

Grosses bises à tous.

12.07.2007

Moi aussi je Vois

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Les voyantes m’aiment bien. Elles m’écrivent souvent. Voici un petit aperçu de la dernière missive que m’a adressée Serena.

Chère Nathalie,

Je possède une faculté très rare, celle de rentrer en contact avec des êtres du passé.

Cela se manifeste toujours de la même façon : j’ai plusieurs « visions » où je perçois le visage d’une personne qui m’est totalement inconnue.

Quelqu’un m’appelle des bords d’un autre monde et je ne me sens pas en paix tant que je n’ai pas répondu à son appel.

Ceci vous surprendra peut-être, Nathalie, mais ces «  visions » me hantent jusqu’à ce que je rentre en contact télépathique et métapsychique avec cette personne… bla bla bla

Nathalie, une personne qui vous est chère est ainsi entrée en contact parapsychique avec moi pour vous parler.

Cette personne qui vous connaît très bien a tenu à vous transmettre un message de la plus haute importance. Et c’est à moi qu’incombe la responsabilité de porter ces informations essentielles à votre connaissance… bla bla bla

Le contact parapsychique que j’ai eu avec cette personne a duré 2 heures 37 minutes exactement.

J’ai mis par écrit l’intégralité de cet échange et je n’attends plus que votre accord pour vous l’envoyer. Sur les 17 pages qui constituent ce compte-rendu, 10 pages vous sont totalement consacrées… bla bla bla

Je vous demande une modeste participation de 29 euros (soit 24 euros + 5 euros de frais de port) pour les frais liés à l’expédition du compte-rendu de cet extraordinaire contact parapsychique accompagné de vos chiffres d’or et de toutes les clefs de votre avenir… bla bla bla

Voici ma réponse...

Chère Serena,

Rien ne me surprend plus, Serena, je savais que vous alliez m’écrire. Moi aussi je possède cette faculté, je sens intensément que nous avons la même, ce qui la rend déjà moins rare, finalement.

Vous savez, quelqu’un m’a également appelée d’un autre monde.

Il faut donc que je vous dise, Serena, qu’une personne qui vous est chère est entrée en contact avec la personne qui m’est chère, sous mes yeux, dans la buanderie, tandis que j’étendais une lessive.

Cette personne qui vous connaît très bien a dit à la personne qui me connaît très bien (moi j’entendais tout, donc) que vous gagneriez bientôt beaucoup, beaucoup d’argent.

Oui mais ce n’est pas tout.

Elle a dit tellement d’autres choses déterminantes pour votre avenir que j’ai du laisser ma lessive en plan, prendre un calepin neuf, le noircir, prendre un second calepin, le noircir, et un autre, encore un autre… pour finir par écrire sur la machine à laver puisque je n’avais hélas plus de papier.

Le contact parapsychique que j’ai eu a duré 10 heures, 21 minutes et 15 secondes. J’ai très mal à la main droite. Ma machine à laver est couverte de conseils, de clefs et de chiffres d’or pour que vos 20 prochaines années à vivre soient absolument merveilleuses. Grâce à moi, vous n’aurez plus besoin d’être polie avec vos « visions ». Désormais, vous pourrez parfaitement les envoyer paître si vous le souhaitez.

L’intégralité de cet échange n’attend plus que votre accord pour vous être envoyé.

Je vous demande une modeste participation de 6899 euros (soit 5899 euros pour me racheter une nouvelle machine, dix nouveaux calepins, pour soigner ma main droite et ma migraine du genou + 1000 euros de frais de port pour envoi de mon ex machine à laver en l’état.)

29.06.2007

Décollage

Avant même sa sortie aux éditions de l'Archipel, le livre de deux journalistes de l'AFP, "Les coulisses d'une défaite", où Ségolène Royal révèle sa séparation avec François Hollande, est déjà en passe de devenir un best-seller. Son tirage initial était en effet de 8 000 exemplaires, mais depuis l'annonce dimanche soir de cette rupture, le PDG de l'Archipel, Jean-Daniel Belfond, a décidé de mettre en place 100 000 exemplaires dans les librairies d'ici à la fin de cette semaine. D'autant que sa maison d'édition a reçu, en quarante huit heures, 200 demandes d'interviews de la presse française et étrangère, dont une de la chaîne américaine de télévision CNN.

Rappelons que "La femme fatale", le livre de deux journalistes du "Monde", qui évoquait déjà la crise conjugale entre les deux ténors socialistes, s'est vendu, en cinq semaines, à 300 000 exemplaires, un score supérieur à celui de bien des prix Goncourt de ces dernières années. Il est vrai que le procès pour atteinte à la vie privée intenté aux deux auteurs et à leur éditeur Albin Michel par Ségolène Royal et François Hollande, avec une demande de 150 000 euros de dommages et intérêts, a largement contribué à la promotion de cet ouvrage.

Lu sur capital.fr    

Mes chers amis auteurs, si notre France voit en la très banale vie de couple des politiciens l’avenir de la littérature, pourquoi diable perdrions-nous notre temps, notre jeunesse, notre imaginaire à écrire pour la distraire, l'évader, quand - aussi absurde que cela puisse paraître - c’est la Télé qu’elle souhaite lire. Les images télévisuelles et les sempiternelles affiches qui dénaturent ville et campagne ne lui suffisent plus, il faut encore et toujours qu’on lui retranscrive l’ennui des gens connus en phrases explicites et croustillantes à l’intérieur de livres.

Le tout puissant, pour les auteurs que nous sommes… ce n’est pas tant l’éditeur. C’est le lecteur.

Peut-être que je devrais revoir mon texte Sortie de route avant sa parution, l’intituler Sortie de couple, changer Monsieur Théodore le postier émérite en Monsieur Groenland le politicien mal aimé.

Et surtout, surtout… demander à mon éditeur qu’il oublie la belle illustration de couverture et qu’il fasse imprimer sous le titre, en très grosse police racoleuse (pour ceux qui n’ont pas leurs lunettes ce jour-là en librairie): Attention, RIEN n’est imaginé, TOUT est cent pour cent vréééé.

Bon, je ne sais pas vous, mais mon mari et moi, demain matin, on prend nos clics et nos claques, un sac à dos, de bonnes chaussures de marche en plastique biodégradable, et on se tire à Paris en TGV voir… mes copines et mes copains du Web!  

La célèbre et très attendue soirée du 30, celle qui fait bleuir d’envie tous les politiciens (ils n’ont pas obtenu leur carte d’entrée), est presque là, je l’entends déjà qui halète, gueule grande ouverte, babines retroussées, bave dégoulinante, dents jaunes, haleine putride... à la réflexion j’emporte aussi une brosse à ratiches et le dentifrice Blogbodents.

A mon retour, je posterai sans doute quelques photos inédites, enfin si j’obtiens l’accord des participants. Dans le cas contraire, je leur peindrai de gros nez et une perruque grâce à l’inégalable mspaint. (Oui, bon, on fait ce qu’on peut…)

En attendant, portez-vous bien, on décolle, d’ailleurs on a déjà décollé, on n’est plus là! ^^

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Image trouvée ici.
 

08.06.2007

Le 30 juin approche!

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Les dates et moi sommes brouillées depuis le berceau. La bonne fée des dates m’a privée du goût des dates, et pendant qu’elle y était, du goût des dattes.

 

Cette histoire qui n’en est pas une se passe en 1989… dans ces eaux-là.

 

J’étais jeune et je portais les cheveux raides et longs. Très longs. Pas longs jusqu’à là, plutôt jusqu’à là. Nuance.

Je portais aussi des chemisiers près du corps et mon jean préféré à plusieurs trous pour qu’on voit bien dépasser mon caleçon. (C’était plus mieux cool)

 

Je partageais ma vie avec un gugusse. Un drôle de gugusse avec lequel je n’avais pas grand-chose en commun. Mais ça, hein, quand on est un peu masochiste, on appuie fermement sur la plaie.

 

C’était l’époque où je prenais le métro. Oui, car c’était aussi l’époque où j’habitais Paris. Enfin, tous les environnementés parisiens prétendent habiter Paris alors qu’ils habitent très souvent la banlieue parisienne. Mais c’est mieux de dire qu’on habite Paris, de suite ça fait penser au Moulin Rouge, à la Butte Montmartre et au Trocadéro qu’est quand même pas très beau, perso je n’ai jamais aimé la place du Trocadéro.

Quant à l’avenue des Champs Elysées, elle me donnait des boutons.

 

Non, moi je préférais sortir à une station de métro pour marcher des heures droit devant moi, faire le marché aux puces de Clignancourt pour m’acheter des Beedies et glander dans les allées, au Cimetière du Père Lachaise, pour bavarder avec les morts (entre vous et moi, ils sont super sympas).

 

Le gugusse qui partageait ma vie la partageait à mi-temps. Après le travail, il s’en allait boire et manger sans bibi avec sa bande de joyeux drills. Il y a des fois, on se sent encore plus seuls à deux que quand on est complètement tout seul.  

 

Beaucoup de gens rêvent d’habiter Paris.

Mais Paris, c’est tellement grand qu’on s’y sent tout petit. A Paris, on se dit que l’homme a pris le pouvoir sur la nature et que c’est fichu. Alors on devient fataliste et on boit des bières dans des pubs. Après, on se fait des toiles. Pour oublier qu’il y a des sapins, quelque part, qui sentent bon et dont les aiguilles craquent sous les pas d’autres gens que soi.

 

C’était l’époque où je sévissais comme standardiste dans un hôtel classieux.

J’ai été standardiste pendant deux mois, avant d’être finalement promue dans un autre service. Pendant deux mois, mon activité principale consistait à connecter des gens entre eux et à dire Hôtel Gloubiboulga bonjour, Pour quelle date ? Aaaaaaaaaaaaaah je suis vraiment désolée, Monsieur (ou Madame) mais nous sommes complets.

Puis d’écouter sereinement des réponses, genre :

« Puuuuuuuuuuuuuutain mais c’est pas possible ! Y faut vous appeler à quelle date pour que votre hôtel de merde soit pas complet, bordel? »

Ou:

« C’est inadmissible, mademoiselle ! Je vais contacter votre directeur! Vous ne savez pas qui je suis ! »

Ou encore :

« Je vends de très beaux sacs en cuir, ça vous dirait d’en avoir un gratos ? Si c’est oui, trouvez-moi une chambre, vous serez gentille. »

Et:

« Mouahaha. En fait, je m’en fous pas mal de ton hôtel, t’as une culotte ? »

 

Tout ça pour en venir là où j’en viens.

J’ignorais que bien des années plus tard, soit le samedi 30 juin 2007 plus exactement, je retournerais sur Paris pour fêter mes 40 printemps avec des extraterrestres que je n’ai jamais vus, mais que j’ai l’impression de connaître depuis des années, Trollette (+ son mari), Free (+ son mari), Fée-Line, Antenor et peut-être Chris aussi…

Bon d’accord, la perspective de vous voir en vrai m’impressionne, hein… je sens bien que je vais me faire toute pitite… !

Mais ça fait rien, je (+ mon mari) m’en réjouis, yep yep yep !

 

Si c’est pas beau la vie, des fois ! ^^

 

18.04.2007

Qu'est-ce qu'il a dit?

medium_cerveau_omer.jpg J’ai souvent tenté de comprendre pourquoi je n’ai quasiment rien retenu à l’école, sinon que la guerre est la pire des inventions humaines, qu’il vaut mieux penser par soi-même, et puis aussi qu’il est inutile de danser la gigue le jour de nos dix-huit ans, nous croyant enfin libres d’agir comme bon nous semble puisqu’au final, nous aurons tous différents boulets plus ou moins gros à tirer; traumatismes, poids de l’éducation, relations, situation des parents, pays d’origine, lieu de vie, gouvernement, personnalité, santé, caractéristiques physiques, intellectuelles et donc, mémoire.

Ces questions sur le pourquoi je n’ai quasiment rien retenu de ma détention scolaire, je me les pose à nouveau depuis que mon second fils, qui est pourtant sensible, drôle, tendre, charmeur, fantaisiste - il réfléchit sur tout, il a des idées sur tout, des rêves, des centres d’intérêt - ne comprend pas grand chose à ce qu’on lui raconte à l’école.

Si l’on considère la consommation boulimique d’antidépresseurs, d’anxiolytiques et de chirurgie plastie, y’a de quoi se demander si nous ne filerions pas un mauvais coton, non ? J’ai souvent entendu dire l’école, c’est la clé vers la liberté. Dans certains pays, les gens n'ont presque pas d’école, presque pas de quoi bouffer, et il semblerait que nos boulets soient presque aussi gros que les leurs. Aussi gros que les leurs, même ? Allez comprendre…

J’ai fouiné sur le web et me fais une joie de nous remémorer les facteurs susceptibles d'influencer notre faculté à mémoriser. Ben oui, ça fait redescendre sur terre, deux ou trois claques à nos fières aspirations cravatées et hop, ne devrions-nous pas plutôt louer le fait que nous ne soyons pas des machines ?

1) le degré de vigilance, d'éveil, d'attention et de concentration.

On dit souvent que "L'attention est le burin de la mémoire".

2) l'intérêt, la force de motivation, le besoin ou la nécessité.

Apprendre est plus facile lorsque le sujet vous passionne.

3) les valeurs affectives attribuées au matériel à mémoriser, l'humeur et le degré d'émotion de l'individu.

" Ce qui touche le coeur se grave dans la mémoire ", disait déjà Voltaire…

4) le lieu, l'éclairage, l'odeur, les bruits, bref tout le contexte présent lors de la mémorisation s'enregistre avec les données à mémoriser.

Y avait-il une image sur cette page ? Etait-ce en haut ou en bas de la page ? On appelle ces éléments des "indices de rappel".

Un autre aspect important dans les phénomènes de mémorisation est l'oubli. L'oubli permet de nous débarrasser de l'énorme quantité d'informations que nous traitons tous les jours et qui est jugée sans utilité pour l'avenir.

Pour finir, voici l’avenant apporté à un contrat de mariage, envoyé par un époux à sa tendre et chère, 10 ans après le début de leur union :

1. Tu veilleras à ce que :
a. Mes vêtements et mon linge soient tenus en parfait état.
b. Trois repas chauds me soient quotidiennement servis dans ma chambre.
c. Ma chambre et mon bureau soient toujours dans un ordre parfait, sans que personne d'autre que moi ne touche à ma table de travail.

2. Tu renonceras à toute relation personnelle avec moi, sauf celles indispensables pour le maintien d'apparences sociales. En particulier, tu ne me demanderas pas :
a. Que je reste près de toi à la maison.
b. Que je sorte avec toi, ni que je voyage avec toi.

3. Tu dois t'engager explicitement à respecter les points suivants :
a. Tu ne devras attendre de moi aucune affection, et tu ne me feras aucun reproche à ce sujet.
b. Tu me répondras immédiatement lorsque je te parlerai.
c. Tu sortiras immédiatement de mon bureau ou de ma chambre si je te le demande, sans aucune protestation.
d. Tu t'engages à ne pas me dénigrer devant mes enfants, ni par mots, ni par actions.

 

Cet avenant est signé Albert Einstein à l’attention de Mileva.

Alors les cancres, séchez vos larmes, bichonnez vos sensibilités, jardinez vos rires, et dites-vous que si ça se trouve, c’est vous qui contribuerez à fleurir notre humanité, plus chère à nos cœurs que les dates, le numéro du Henri, le numéro du Louis et les formules.

 

 

 

07.04.2007

Unique WE de ski... de l'hiver!

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Nous sommes un dimanche, à midi et demie.

Une fois lâchés par le télésiège au sommet des pistes, nous n’avons pas achevé une bleue que voilà déjà mes yeux qui dégoulinent à gros bouillons. Rien à faire, dès que le vent glacé frappe, on coule des yeux de mère en fille.

Je m'arrête, je jette mes bâtons, j’enlève mes gants, je sors mon mouchoir, je me tamponne les joues, coins et recoins, songeant que dans dix minutes, il faudra tout recommencer et que je suis dingue de ne pas m’être acheté, cette année encore, un masque hermétique que j’aurais intelligemment vissé sur mes lunettes de myope.

Je range le mouchoir, je remets les gants, je reprends les bâtons, je recouvre la vue. Tout ça  pour me rendre compte que mon mari et mes fils ont disparu et que la vilaine piste bleue se scinde en deux.

Où vais-je aller ? Gauche ou droite ?

Je tente de zoomer sur les combinaisons, pleine de cet espoir juvénile qui me caractérise. Une grande rouge, une moyenne noire/rouge/grise à casque gris, une petite noire/grise à casque rouge, le tout qui skie en groupe de trois, ça devrait pouvoir se trouver, non ? Que nenni, c’est oublier que je suis incapable de repérer qui que ce soit, à plus forte raison quand une neige immaculée étincelle exprès pour m’embêter.

Du coup je fais appel à ma logique. A gauche, il y a un télésiège dont l’accès est facile. A droite, il faut descendre très bas, sans savoir si le tire fesse gratiné, lequel sature de gens pétés de trouille à l’idée de tomber et d’engendrer l’avalanche du siècle, provient de là ou non.

J’hésite.

Mon mari aime le risque et c’est lui le chef du clan des trois sans maman; sûrement qu’il sont allés à droite. Oui mais mon plus jeune fils adore le télésiège et jouit d’un vocabulaire approximatif qu’il débite sur un ton craquant ; dans ce cas, nul doute qu’ils sont allés à gauche. Oui mais mon grand fils adore faire le contraire de son frère et ainsi semer la zizanie. Alors, pour finir qu’a fait le chef du clan des trois sans maman?

Je retente un dépistage des combinaisons, lequel se solde par un début de migraine.

Parfaitement consciente d’avoir des yeux autonomes et égoïstes qui, en plus d’être deux fontaines - pas même de jouvence - ne font que ce qu’ils ont décidé de faire, je fais bouger mon nez pour réveiller les dons extralucides que dans la famille, nous nous transmettons de grand-mère en fille, oubliant qu’en devenant mère, on fait pour un temps exception à la règle.

C’est pourquoi je choisis la gauche.

Naturellement, vous, vous savez que mon mari et mes fils sont partis à droite. Je me demande comment vous faites, d’ailleurs, vous avez des dons particuliers ?

S’en suit une véritable quête sans fin. Moi d’un côté, eux d’un autre. Quand je monte, ils redescendent et quand je descends, ils remontent. Quand je les attends au télésiège, ils m’attendent au tire fesse.

Je fais ainsi la connaissance de jeunes perchistes bronzés qui compatissent. Une maman qui a perdu les siens, allons-y de notre propre flair. Et les voilà de m’aiguiller et de fausser un peu plus mes piètres dons extralucides. Une grande rouge, une moyenne noire/rouge/grise à casque gris, une petite noire/grise à casque rouge, vous dites ? Ouais, ça me dit quelque chose, essayez par là.

Après une heure trente, j’ai abandonné mes recherches pour une terrasse avec une chaise longue, car il faut savoir s’avouer vaincu tête haute. J’allais pouvoir m’en tirer sans eux, d’autant que j’avais le sac à dos avec la bouteille d’eau, les goûters, la crème solaire et le porte-monnaie.

A moi la bière pression !

Moralité ; il y a quand même une belle vie SANS téléphone portable.

16.03.2007

On nous prend pour des cons

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Aaaaaaah l’invasion téléphonique, c’est tout de même quelque chose !

Y’ a des jours comme ça où on serait prêt à se la payer, la liste rouge, des jours où elle miroite un peu comme une sortie de secours à lampe verte clignotante dans un concert de Lara Fabian qui s’égosille en plein Je t’aiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiimeuuuuuuuuuuuuuuu, comme un fou, comme un soldat, comme une bouteille de soda.

 

Bonjour madame, vous êtes bien madame S., (attendez que je vérifie, soudain il me vient comme un doute sur mon identité) votre mari et vous avez bien moins de quatre-vingt dix ans ? (moi oui, lui non, aaaah qu’est-ce que j’ai pas fait d'épouser un vieux !)

 

Bonjour madame, vous êtes bien madame S., (ouaieuuuuuuu) dans ce cas j’ai le plaisir de vous informer que vous avez gagné un magnifique assortiment de couteaux… (Est-ce que ce sont des vrais qui tuent des gens comme dans le film Psychose, hein dites, hein?)

 

Bonjour madame, vous êtes bien madame S., (ben je sais plus trop, pourquoi je vis, pourquoi je meurs, pourquoi je ris, pourquoi je pleurs ?) voilà, c’est parce que nous réalisons une étude sur la consommation d’eau… (vous avez déjà réalisé cette étude y’a trois jours, vous me fichez la trouille, d'un coup, je ne serais pas hyper méga surveillée, par hasard ?)

 

Bonjour madame, bonjour monsieur, je me présente, Max Troufignon de la société Markétonvré, j’ai le plaisir… bla bla bla. Ici, impossible d’en placer une, car il s’agit d’une nouvelle génération de démarcheurs préenregistrés qui font fureur dans ma région depuis le mois de janvier 2007.

 

Mais l’invasion postale, ça n’est pas mal non plus.

Récemment, une voyante m’a écrit : « Que se passe-t-il, madame S., vous n’êtes pas bien ? »

 

Je me suis dit : « Punaiiiiiiiise, comment elle est balaise, elle, pour deviner que je ne suis pas bien à cause des démarcheurs téléphoniques qui me harcèlent quand justement, je déteste téléphoner. »

 

Hier, j’ai reçu une nouvelle lettre de voyante.

Une autre voyante. Encore plus voyante que l’autre.

 

Cette fois-ci, attention, je dois choisir entre six pierres représentant chacune une forme de serrure différente, rouge ou noire (sur papier, hein, en image quoi). Je dois la garder en mémoire.

Puis, je dois brûler la feuille.

Conserver les cendres dans un cendrier et c'est alors seulement que j’ouvrirai la seconde enveloppe.

Mais vous me connaissez.

 

Je n’ai rien choisi du tout, rien mémorisé, rien brûlé.

Gnarf gnarf, j’ai quand même ouvert la seconde enveloppe. Maudite sois-je qui mâle y panse de cochon poilu.

 

Croyez-moi si vous voulez, mais sur le courrier de la seconde enveloppe, il est écrit que la dame, elle sait quelle pierre j’ai choisi. Vouaiiiiiiiiiiiiiis.

Elle sait pourquoi j’ai brûlé la feuille. Vouaiiiiiiiiiiiiiiis.

Et là, elle m’explique que vendredi dernier, elle a vu trois éléments fondamentaux de mon passé. Vouaiiiiiiiiiiiiiiiis. Même qu’elle est en étroite relation avec mon avenir. (vu comme elle a déjà tapé dans le présent, ça laisse sceptique.)

 

Il y aurait des ondes négatives où je vis. Une zone piégée, quoi.

D’après elle, tout ça est limpide comme de l’eau de boudin noir, je ne peux plus continuer à endurer cette situation. Aussi me propose-t-elle le « rituel secret de purification protecteur ».

 

Je dois d'abord poser mon index dans les cendres que je n’ai pas, l'écraser ensuite sur le Bon personnel d’aide urgente ci-joint.

 

Je le lui renverrai. Elle procédera à distance. (C'est qu'elle est encore plus balaise que je le pensais.)

 

45 euros + 2 euros de frais quand on doit dé-piéger une zone piégée totalement invisible, c’est donné, non?

 

Toile de Salvador Dali

09.03.2007

Chuttt, je rêve!

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C’est un pléonasme de dire que les élections, on en parle beaucoup. Mais bon, je le dis quand même, des fois que vous ne l’ayez pas remarqué.

 

Seuls quelques candidats ont le privilège d’être invités partout. Une fois encore, les promesses de changement pleuvent.

En résumé, tout va changer, mais sans changer.

 

A droite, on va passer à l’action, en disant toute la vérité pour changer sans changer. A gauche, on va donner dans l’écoute de tout un chacun pour changer sans changer. Au centre, on fera les deux pour changer en changeant. (Ou « en chantant », comme vous voudrez)

 

Hé ben moi je vais vous dire. Je ne sais toujours pas pour qui voter.

 

J’ai hésité à poster cette note parce que je me suis dit Ma veille, tu vas attirer deux ou trois supporters à drapeaux, lesquels t’accuseront de paresse ou bien tenteront de te convertir, comme c’est arrivé une fois.

Autant leur dire que pour la conversion, c’est peine perdue.

Au contraire des canapés, je ne suis pas convertible.

 

Je suis comme pas mal de français, blasée, lasse, abreuvée à l’excès de tous ces beaux discours.

 

J’en reviens à citer ce qui avait été dit sur un article de Blogborygmes, qu’il faudrait donner le pouvoir à ceux qui ne le veulent pas.

Oui mais bon, ça ne pourrait pas aller non plus, puisqu’ils ne le veulent pas. Et personne ne doit forcer personne à faire quelque chose qu’il n’a pas l’intention de faire.

Même que ça serait le pousser à mal le faire. Et aussi risquer de s’en prendre une.

 

Maintenant, est-ce à dire que ceux qui ont très envie de faire quelque chose le font bien ? Pas sûr. Je le vérifie déjà rien qu’à mon échelle.

 

J’ai rêvé d’une bicoque en forme de chalet, là-haut sur la montagne. D’un village vivant en autarcie où tout le monde relèverait ses manches dans l’intérêt de tous et où l’argent (thune, fric, flouze, pognon) ne serait qu’un souvenir désagréable.

 

Quant à savoir si ce rêve est de gauche, de droite ou du centre, hein… autant vous dire que je m’en cogne.

Ce qui compte, c’est que ce rêve n’est finalement… qu’un joli rêve.

 

Quoiqu’il en soit, j’irai voter.

Je ferai mon devoir de citoyenne car dès mon entrée à l’école, la voix m’a dit : Nathalie, il faut jouer le jeu.

 

Quand même, je me demande ce que mon vote changera, dans tout ça… et si tout le monde faisait comme toi ? insiste la voix, furibonde.

 

Sans doute que là, ben ça changerait vraiment.

Imaginez des bureaux de vote totalement vides le jour de l’élection. Imaginez la tête des maires, celle des candidats. Celle des médias. Celle des traiteurs et celle des bouteilles de champagne.

 

Et nous dans les rues en train de siffler des bières et de parler de tout.

De tout sauf d’élections.

 

Toile de Jacques Louis David

18.02.2007

La Nucléaire Trouille Bleue

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Peur...

 

Trouble, émotion que provoque l’attente ou la vue d’un danger. (Mediadico)

 

Des situations de menaces ou de danger physique ou psychologique nous mettent dans un état émotionnel spécifique, souvent accompagné de réactions physiologiques : tremblement, sueur, maux de ventre ou d'estomac, accélération du pouls. Cet état est normal et même positif lorsqu'il nous conduit à réagir en évitant ou en surmontant ce danger. En revanche lorsque la peur est la conséquence de phobies ou d'un état chronique d' anxiété sans objet, elle prend un tour pathologique. (Psychologies.com)

Synonymes : alarme, couardise, crainte, effroi, épouvante, frayeur, frousse, hantise, inquiétude, lâcheté, pétoche, spectre, terreur, trac, trouille. (L’Internaute)

Aujourd’hui, je vous parlerai de la plus grande de mes peurs, une peur qui a débuté voilà très longtemps, ce jour où nous sommes passés en voiture devant une centrale nucléaire.

Comment nos parents ont-ils présenté la centrale ?

Ont-ils exagéré le truc ?

Ont-ils déclenché la peur ?

Même pas.

Ils nous ont montré tout le bidule avec fierté.

Regardez les enfants, voici votre premièèèèèèèèèèèèèèèèèèère centrale !

Avec mon frère on s'est agrippés à une seule fenêtre, on s'est bourrés des coudes pour regarder les cheminées énormes crachant placidement leur belle fumée blanche, aucun bruit, pas d’odeur, en apparence que du propre, du soigné, un avenir merveilleux truffé de lampes allumées et de tourne-disques branchés comme par enchantement.

Papa, est-ce qu’on risque quelque chose ?

Mais rien du tout, les enfants, ne vous en faites pas. Des gens travaillent tout le temps dans la centrale, ils contrôlent tout, c’est très bien surveillé.

Oui mais si jamais un gars se trompe ?

Ils sont très bons, je vous dis. Et puis si vraiment y'en a un qui se trompe, les autres seront là pour rectifier le tir.

Oui mais si c’est déjà trop tard pour rectifier ?

Hi hi hi, mais qu’ils sont froussards, ces enfants !

Je précise pour situer que nous étions quatre adultes et deux enfants dans la voiture.

Ma première mémé en a rajouté une couche. C’est qu’elle avait connu les bougies et le moulin et le bois dans l’âtre.

Regardez un peu si c’est beau !

Oh ben moi ça me fait peur, cette affaire-là, a dit ma seconde mémé qui avait connu la même chose, mais qui s’y connaissait drôlement bien en Peur. (D’ailleurs elle et moi on avait les mêmes)

Je me suis dit c’est louche, il y a sûrement du moche, j’en suis certaine, il y a bien pire que ce qui sort tout noir de certaines cheminées.

La catastrophe de Tchernobyl est survenue le 26 avril 1986 dans la centrale nucléaire Lénine de Tchernobyl (Ukraine).

Mon père était déjà mort, mais j’ai pensé à lui.

Rien qu’en France, nous sommes cernés par les centrales.

Nos besoins en électricité se sont accrus de manière spectaculaire au cours du dernier siècle et on s’attend à ce qu’ils continuent d’augmenter.

 

Voici la liste des accidents nucléaires que donne Wikipedia. Allez voir, c’est impressionnant.

 

Alors, ai-je raison d’avoir peur ?

Ne suis-je pas tout simplement phobique ? Couarde ? Lâche ? Pétocharde ?

Démesurément inquiète de nature?

Hein?

 

Et vous, c'est quoi votre plus grande Peur?

08.02.2007

Apparences

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Je ne comprends pas le succès qu’ont les acteurs de cinéma, et en règle générale, tous les gens qui passent et qui repassent à la télé.

 

Je ne comprends pas non plus les médias qui les encensent à ce point-là.

 

Enfin si, ceux-là je les comprends, parce qu’à vrai dire, nous ne marchons pas, nous courrons.

 

Daniel Auteuil ou PPDA viendraient à passer dans la rue que nous en lâcherions la main du petit et oublierions la question hyper fondamentale qu’il vient de poser, de cette voix douce et candide, soit: « Maman, comment on a su que la terre elle est ronde, heiiiiin, dis, maman, comment on a su ? »

 

Les journaux à scandales s’arrachent les photos inédites de stars s’adonnant à des actions d’une banalité déconcertante.

 

Séance de bronzage sur un bain de soleil. Baignade les seins nus. Bisou d’infidélité sous un parasol. Badigeonnage de crème solaire. Petit shopping improvisé. Descente d’une voiture.

 

C’est à croire que nous ne vivons rien, mais qu’eux, si.

 

C’est à croire que nous n’avons jamais aimé, perdu nos lunettes ou mangé une glace.

 

Parfois, je me demande ce que les aveugles pensent des stars.

Sincèrement, je doute qu’ils leur accordent autant d’importance que nous, les mal regardants de ce monde en trompe-l’œil.

 

J’ai souvent rêvé d’un monde plus simple, plus chaleureux, plus authentique.

 

Si je me réfère à mes préhistoriques oraux scolaires, puis à mes recherches d’emploi, je me rappelle ces cravatés moutardés, ces costardés engoncés auxquels il était difficile, voire pénible, d’arracher un sourire.

 

Je me souviens de la mortelle appréhension que je ressentais, une semaine avant la date fatidique d’un oral ou d’un entretien. Ma gorge qui se nouait. L’impression que jamais l’on ne m’accepterait telle que je suis et que toujours, je devrais faire semblant de coller à un profil.

 

A l’oral du BTS que je n’ai pas eu, je me souviens de ces deux femmes épouvantablement sèches, blessantes, déstabilisantes à pleurer.

Qu’étaient-elles censées faire ? Me montrer que le marché du travail est impitoyable, que toute ma vie durant j’aurais à affronter les clones de JR Ewing, et que seuls les insensibles vaincraient ?

 

D’accord, mais avais-je seulement envie de vaincre, moi ?

Pourquoi ces deux paralysées du sourire m’ont-elles collé un 6 sur 20 en m'humiliant à mort? Hein ?

 

J’ai rêvé d’un monde qui rapprocherait les êtres humains de ce qu’ils savent faire.

En toute sincérité. En toute bienveillance.

Sans forcément toute cette cruauté.

 

Je ne sais pas si mes enfants se sentiront à l’aise dans le monde que je leur laisse. Quoiqu'il en soit, je m'efforcerai d'être là s'ils ont besoin de moi.

 

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