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02.06.2007
Contes Myalgiques I, Les Terres qui rêvent
Contes Myalgiques 1, Les Terres qui rêvent, de Nathalie Dau, je l’ai fait durer… autant que j’ai pu. Car du premier au dernier mot, c’est un véritable écran panoramique qu’on a devant les yeux.
Déjà, il y a l’écriture de Nathalie, riche, altière, scintillante, gourmande. On dirait l’écriture d’une fille sans âge, surgie d’une autre époque et d’un immense royaume.
M'étant longtemps axée littérature générale, je me suis lassée de cette nouvelle génération d’écrivains, « originaux », minimalistes, moi, moi et moi, écriture à la première personne, comme je te parle, mec, écriture SMS, à tel point que perso je fais la moue, ouaip, pas des masses convaincue, d’accord il en faut pour tous les goûts, c’est clair et c’est aussi pour cette raison que je me suis tournée vers les littératures de l’Imaginaire.
Lire du Nathalie Dau, c’est tout de même quelque chose ! A la fin du recueil, il y a cette superbe postface de Jean Millemann - Hantise, vous vous souvenez, sa nouvelle figure parmi mes gros coups de coeur de l’anthologie (Pro)Créations - qui parle si justement de Nathalie…
Vous l’aurez compris, il n’y a pas qu’un style, dans ce recueil, il y a ces histoires, ces contes pour adultes, aussi terribles qu’ils sont merveilleux. On passe de l’un à l’autre, esbroufé, stupéfait…
Parce que franchement, un style qui ne sait pas raconter une histoire, c’est comme de bons ingrédients mélangés sans moule à gâteau pour les mettre au four.
Ces contes, je les ai tous dégustés, mais pour que vous puissiez vous rendre compte à quel point Nathalie écrit bien, voici un extrait de mon favori, mon chouchou, mon conte préféré de tous les préférés ; Demain les trottoirs… :
« Les rires et la beauté ont vite succombé sous le passage des roues, le martèlement des semelles. Blancheur souillée, touillée, soupe où surnagent des morceaux déposés par les chiens qui ont appris le caniveau. Et l’eau a sangloté toutes les larmes de la neige. Mais le froid congèle et retient. Son étreinte pose un vernis traître et scintillant sur les pavés et les trottoirs. Aujourd’hui, l’eau se tait, telle une captive engoncée dans un carcan de pure terreur, chaînes taillées dans le verglas. Un bruit demeure. Un craquement dans les glaçons festonnant les gouttières, dans les flaques brisées par une démarche pesante… »
En ce qui me concerne, je l’ai acheté aux Imaginales, en avant première, ET Nathalie me l’a dédicacé.
La souscription est ouverte jusqu’au 15 juin via le site des éditions Griffe d’Encre. Les frais de port et une carte du rough de Magali Villeneuve (la couverture est d’elle) vous sont offerts.
Un concours en partenariat avec Elbakin.net est lancé simultanément jusqu'au 10 juin minuit : pour tenter de gagner l'un des 5 exemplaires mis en jeu, c'est ici.
Pour lire le début de chaque nouvelle, c’est par là.
Pour voir l'article du journal en grand. (je ne suis pas parvenue à faire mieux, informatique, quand tu ne nous tiens pas...)
12:50 Publié dans Si on causait bouquins? | Lien permanent | Commentaires (19) | Envoyer cette note





Commentaires
L'extrait que tu nous donnes est vraiment enviogène ! Cette fille a tous les sens à l'affut, les sentiments aux aguets. J'aime beaucoup cette écriture au scalpel. Je vais aller jeter un œil sur tes liens.
Ecrit par : Saoulfifre | 02.06.2007
raaah! j'ai hâte de l'avoir celui-là ;-) et j'étais bien surprise -dans le bon sens - de voir l'article du Soir!
Ecrit par : Blacky | 02.06.2007
Comme toi, j'ai dégusté ce recueil, un conte le matin, un conte le soir, pour faire durer le plaisir. Moi aussi, j'étais plutôt branché littérature générale (Le Seigneur des Anneaux, c'était presque une accident - heureux - dû à la taille du pavé). Comme toi, j'ai complètement décroché de la nouvelle génération nombriliste. Quitte à lire un nombriliste, autant se payer le nombrilisme cosmique d'Henry Miller ou l'instrospection style journal d'Anaïs Nin.
Ecrit par : alain | 02.06.2007
Le livre semble excellent, mais la chronique l'est également ! :)
Ecrit par : Tant-Bourrin | 02.06.2007
ça devrait plaire à Freefounette : ça cause de glaçon!
WOUARF!
(quelle plume cette Nathalie! Fiouuuuuuu! *_*! )
Ecrit par : La Trollette | 02.06.2007
Alain > FARPAITEMENT, complètement ok avec toi.
Ecrit par : La Trollette | 02.06.2007
Saoulfifre: je suis contente que son écriture te plaise, en fait ça ne m'étonne pas. ^^
Blacky: effectivement très sympa, cet article, dommage que je ne sois pas parvenue à l'afficher en plus gros! ^^
Alain: je ne saurais ignorer qui sont Miller et Nin, mais bizarrement, je n'ai encore jamais lu un seul de leurs bouquins... honte à moi, je vais tenter de rattraper ça bientôt! (ça risque d'être chaud, comme textes, non? lol)
TeeBee: merci, t'es toujours adorable, toi... ;-)
Trollette: Ouaip, d'ailleurs Nathalie devrait donner quelques cours à Christine Angot... hi hi...
Ecrit par : nathalie | 02.06.2007
j'aime bien les glaçons, mais là, l'extrait me laisse perplexe. Ou alors il m'en manque un bout...
J'aime la poésie et cet extrait m'y fait penser, mais toute une nouvelle où un bouquin écrit comme ça, je sais pas trop si j'aimerais.
Epi je me pose des questions sur mon écriture, because j'écris beaucoup en "je", même mes fictions.
et nombriliste est un des nombreux adjectifs dont me qualifie ma mère...
Aurait-elle raison ?
hem.
bisous à vous en tous les cas !
Ecrit par : Freefounette | 04.06.2007
Free: il s'agit d'un extrait parmi les plus représentatifs de ce que peut donner son style fouillé, mais ses contes, je te l'assure, sont tout à fait compréhensibles. Au contraire, ça leur donne une dimension d'un autre âge, c'est surprenant, on s'y croit, les robes, les décors, les odeurs, les laideurs... ;-)
Tu as lu "Le goût du miel" de Nathalie Dau dans l'antho Ouvre-toi et tu l'as capté. ^^
En disant "écrit à la première personne", je ne parlais pas de fiction ("Metropolitain" est écrit à la première personne mais il s'agit d'une fiction), plutôt de romans insipides, mal écrits, qui traitent du quotidien genre ceux de Christine Angot... (les noms d'auteur me font défaut, ce matin, hu hu, la pauvre ne trouvera donc pas grâce à mes yeux)
Sinon, bah, de toute façon... quel auteur voulant que sa prose soit publiée n'est pas un tantinet nombriliste? ^^
Quant aux styles, il faut de tout, de tout... pour faire un monde de mots, sachant que le style n'est jamais définitif et qu'il se transforme tout au long de la vie.
BIZ
Ecrit par : nathalie | 04.06.2007
Oui, c'est vrai, j'ai aimé "le goût du miel". Il ne m'a pas semblé pourtant que c'était dans un style aussi, euh, touffu... Va falloir que je la relise, lol !
Ceci dit qu'un auteur soit capable de changer de style comme de chemise est une preuve de talent à mes yeux. Même si ça dérange certains...
;o)))
gros bisous. (un peu de répit jusqu'à cet aprème epi je repars, il fait un temps minable, et j'ai po envie, bouuuuuuh)
Ecrit par : Freefounette | 04.06.2007
Miller chaud ? oui, mais pas toujours ou pas seulement. Tout est relatif. Dans l'Amérique puritaine, Miller était sulfureux, oui sans doute. Ce qu'on lit dans son oeuvre, c'est la vie, rien de plus, mais surtout, rien de moins. Il en rajoute une couche ici et là.
J'ai essayé de lire le Tropique du Capricorne à 15 ou 16 ans, j'ai arrêté après 200 pages. C'était pas le moment. A 18 ou 19 ans, je m'y suis remis, et là, ça a été la révélation. Dans la foulée, j'ai lu une bonne quinzaine de ses livres. Quelque part, il a écrit: "Je suis un drôle de numéro intellectuel.", une phrase en laquelle je me retrouvais bien. Plonge-toi dans le "Tropique du Capricorne" (pas le "Tropique du Cancer", qui décolle pas toujours assez du réel à mon goût), ou dans "La Crucifixion en rose".
Le journal d'Anaïs Nin est parsemé de belles réflexions du genre : «Comme chaque ami représente un univers en nous, un univers peut-être pas encore né avant leur arrivée, et ce n’est que par cette rencontre que nait un nouvel univers.» (Anaïs Nin, Journal 1934-1939, p. 299)
Ecrit par : alain | 04.06.2007
/em passe une petite tête timide par l'entrebâillement du blog.
/em ressort à la fois rouge tomate et très anxieuse. Parce que les critiques sont trop positives. Les détracteurs vont arriver, forcément ^^
Nathalie, je te préviens, je linke ton article sur mon forum, hein ;)
Bisous à tous !
Ecrit par : Nedeleg | 04.06.2007
Ah ben oui, tiens, moi je vais détracter !!
Tous ces compliments, toutes ces critiques positives, sont...
bien en-dessous de ce que méritent ces Terres qui nous font rêver, et dont le plus gros défaut est de nous tournebouler la tête au point qu'on a perdu les mots pour en parler comme il le faudrait.
Bises, Lucie
Ecrit par : Lucie | 04.06.2007
Free: Tout est affaire de curiosité et de travail. Cent fois sur le métier... remettez votre ouvrage. Un auteur est obsessionnel. Chirurgien un peu fou, il dissèque le langage. Tout au long de sa vie, il n'aura jamais fini de disséquer. Peut-être bien qu'il est un tantinet... psychopathe. ^^
Bises ma jolie. ;-)
Alain: merci pour tes conseils!!!
Je crois que je vais me laisser tenter! Pourtant j'avais dit... que je freinerais mes achats de livres... effectivement j'avais dit... heureusement qu'en la matière, il est rare que je m'écoute... hu hu... ^^
Nedeleg: ;-)
Lucie: Voilà qui est bien parlé. Bises à vous deux, les filles. ^^
Ecrit par : nathalie | 04.06.2007
Tu peux trouver du Miller ou du Anaïs Nin chez les bouquinistes. Je crois que pas un seul de mes livres de ces 2 auteurs a été acheté neuf, ce sont tous des livres de seconde main, de seconde vie devrais-je dire...
Ecrit par : alain | 05.06.2007
Alain: pas de bouquiniste dans mon trou, hélas, car j'aime bien posséder des livres de seconde main...
Toutefois, je vais quand même jeter un oeil à la biblio municipale, aujourd'hui ou demain, ça m'étonnerait que je ne trouve rien les concernant... Je te dirai. ^^
Ecrit par : nathalie | 05.06.2007
Tu peux trouver des bouquins d'occase sur priceminister et autres... Sur internet donc...
sisi !
bisous
Ecrit par : Freefounette | 05.06.2007
On trouve aussi plein de bouquins dans les braderies, évidemment.
Il y a peu j'ai fait celle d'Amiens (la "réderie") et j'ai trouvé des polars qui avaient disparu de la circulation depuis plus de vingt ans, apparemment!
Ecrit par : Chris | 05.06.2007
Free: très juste, il m'arrive de passer commande. Sauf qu'une fois par le principe occases d'Amazon, j'ai reçu un bouquin tellement pourri que les feuilles se détachaient les unes après les autres! Et le vendeur avait eu le culot de spécifier: "TBE" !!! ^^
Chris: Très juste. Faudra que je les fasse. Pour les vieux polars disparus, quelle excitation ça doit être!!! ;-)
Ecrit par : nathalie | 06.06.2007
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