14.02.2007

37°2 l'intégrale, pour toi Simon

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J’étais venue vous parler d’une salle de cinéma comble et de deux copines qui m’y ont entraînée.

Alleeeeeeez, tu ne vas quand même pas te morfondre, on va voir 37°2 le matin !

 

Vous dire qu’à cette époque, je n’avais pas le gros moral, car j’étais en pré rupture sentimentale.

 

Que je n'avais pas 20 ans, pareil que Betty quand elle rencontre Zorg, que je croyais fort en l’amour comme outil à peinturlurer la grisaille et à redresser l’incohérence de notre monde. Sauf que décidément, à défaut de peinturlurer et de redresser, je collectionnais incompréhension sur incompréhension.

 

Vous confier l’émotion que j’ai ressentie en voyant le film de Beinex.

 

Vous raconter qu’environ quinze repassages plus tard sur cassette vidéo, le double d’années par dessus, je croyais la magie définitivement éteinte.

37°2, naaaaaaaaaaaan, ça n’était plus pour moi, j’avais pris de la bouteille, Zorg et la petite Betty ne me feraient plus d’effet.

 

Que c’était sans compter la version intégrale que par curiosité, par élan spontané, par nostalgie de ma folle jeunesse, je me suis récemment offerte.

 

Vous parler d’une heure de bonus, et quel bonus !

J’ai eu l’impression de pénétrer très loin dans l’émotion première, celle de ma séance number one au ciné. Rendez-vous compte, je visionnais des scènes inédites, dont l’intensité et la fantaisie s’en vinrent magnifier cette histoire!

 

J’étais venue vous demander de vous souvenir, quand Betty taillade la joue de l'éditeur vêtu de peau de zèbre, lequel a écrit l'odieuse lettre de refus, rapport au manuscrit de Zorg.

Vous dire que je m'étais toujours demandée pourquoi ce type à l’esprit étriqué n’avait pas porté plainte. Et puis que si, dans la version intégrale, il l’a fait, mes enfants, il l’a fait ! Que la scène du commissariat est pleine de fantaisie, de drôlerie.

 

Que par-dessus tout, c’est le plongeon de Betty dans la folie et l’impact que cette dégringolade a sur le couple qui gagnent en crédibilité.

 

Que dans la version courte, on n’a pas le temps de deviner le cheminement psychologique de Zorg face à l’éloignement mental de Betty.

Qu'en revanche, dans la version longue, Zorg, qui était plutôt lâche, devient capable de tout.

 

J’étais venue vous dire qu’en conclusion, l’intégrale de 37°2 m’est arrivé trop tard, que je ne l’ai pas regardé de manière fluide, les scènes connues de moi se séparant des scènes méconnues de moi, faisant de ce film, non pas un film, mais un épluchage avant/aujourd’hui.

 

Que j’aurai vu l’intégrale de 37°2 le matin, davantage avec l’œil d’une voyeuse rancunière, à qui l’on a caché des choses pendant près de vingt ans, qu’avec celui d’une cinéphile.

 

J’étais venue vous dire tout ça.

 

Seulement voilà.

 

Dans l’intégrale de 37°2, il y a une scène, celle du braquage de Zorg en tenue de femme, à la fois décalée et tordante. Dans cette scène, laquelle a donc été coupée pour la version courte, on y découvre un Simon de la Brosse (L’effrontée, La petite voleuse, Les innocents) tout jeunot, dont je n’aurais pas soupçonné la présence s’il n’y avait eu cet intégrale.

 

Me souvenant de Simon dans Travelling avant (1987 – il y joue aux côtés de Thierry Frémont), je réalise que ça fait bien longtemps qu’on n'entend plus parler de lui.

Ni une ni deux, je tape Simon de la Brosse sur Google, et là, horreur, j’apprends qu’il s’est suicidé en 1998 à l’âge de 32 ans.

 

J’étais partie pour vous parler de l’intégrale de 37°2 le matin.

 

C’est sur Simon De La Brosse et sur Travelling avant que je terminerai cette note.

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Hommage à toi, Simon.

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Commentaires

Je me souviens qu'à l'époque (je subissais mon service militaire), j'avais justement trouvé qu'il y avait des raccourcis un peu trop raides dans le film et que, pour le coup, ça nuisait au fil narratif. Et aujourd'hui, tu m'apprends toutes ces scènes coupées. Ça prouve bien qu'on nous cache tout, qu'on nous dit rien ! :)

Quant à Simon de la Brosse... bin... rien... :(

Ecrit par : Tant-Bourrin | 14.02.2007

'tain, comme tu les vends bien, les films ! Bon, 37,2, grand souvenir aussi

Mais moi c'est surtout la scène de la tequila frappée q:^)

Ecrit par : Saoulfifre | 14.02.2007

j'ai adoré ce film, un grand moment de cinéma...J'aurais bien aimé voir la version longue aussi!;-)

Ecrit par : La raconteuse | 14.02.2007

simon de la brosse, je ne connais pas...
ça me fait de l'émotion, ton texte... car j'apprends des choses sur un film qui a une grande valeur symbolique dans ma vie.
tout d'abord, je l'avais adoré (vu lors de sa sortie en salles),
ensuite, j'ai encore plus aimé le livre de philippe djian,
enfin, lorsque vers 20 ans je rencontrai mon mari, adepte passionné de djian et écrivain à ses heures "non travaillées", il me dit que, pour lui, j'étais betty, et lui, zorg... cela donna à notre relation une dimension davantage romanesque et torturée... dimension dont pourtant, dès le départ, elle ne manquait pas.

Ecrit par : fée_line | 15.02.2007

... ce que j'avais le plus aimé dans ce film: les couleurs lumineuses (je me souviens de bleus magnifiques; ma mémoire me trompe-t-elle?), voir zorg peindre, le ventre de betty, le chili (je n'étais pas encore végé et comme une sorte d' hommage à cette histoire, on en mangeait tout le temps!...).
ce qui m'avait laissée en pleurs, complètement déprimée: quand il l'étouffe.

Ecrit par : fée_line | 15.02.2007

Ah vache, j'ai AUCUNE mémoire de ce film... à part que A POIL JEAN-HUGUES !
Nan sérieusement, j'ai pas de souvenirs de l'histoire. Les acteurs ok mais pas l'histoire, rien, nada...
D'ailleurs je l'ai pas vu au cinoche, j'étais trop jeune, 15 ans, tu penses (pour les protestations, voyez avec mes parents hein !).
J'ai jamais pu lire le bouquin non plus (j'aime bien en fait d'abord lire le bouquin s'il existe avant de voir le film tiré de l'histoire. )
Rien qu'à lire deux lignes de Djian, je m'endors... quelques auteurs me servent ainsi de somnifères naturels...
Et pourtant, tous mes potes m'en avait parlé à l'époque, du film, de Djian, en disant que c'était géniaaaaaaaal faut ABSOLUMENT que tu lises/voies çà, mais bon, ils avaient déjà 18, 19 ans, plus d'expérience que moi, plus vécu, tout çà... (vous voyez bien que j'ai toujours aimé fréquenter les vieux !)
Alors bon, quand c'est passé à la télé, j'ai regardé. Mais rien.
Bizarre des fois hein ?

Ecrit par : La Trollette | 15.02.2007

Tee-Bee: des raccourcis un peu trop raides, exact! C'est la sensation que j'avais eu aussi, à l'époque, malgré le fait que j'aie marché à fond. ;-)

SF: oui, la scène de la Tépuila frappée!
C'est quoi ton roman, déjà?
Un roman historique...! Mouahahahahahahahahahahahaha...!
Et dire qu'à l'époque, j'en buvais aussi! (avec le sel sur la main)

La raconteuse: je te le conseille, l'intégrale est mille fois mieux. :-)

Fée: Les couleurs sont superbes, la musique est divine... par contre, c'est bien le seul livre de Djian que j'aie aimé (je l'ai lu après le film, ce qui est rare chez moi, d'habitude c'est l'inverse). Bon, je ne les ai pas tous lus, c'est clair, mais pour te citer un exemple, "Vers chez les blancs" m'a déconcertée et laissé comme un arrière goût d'amour pourri qui subsiste encore quand j'y repense.
Par contre, je n'ai pas connu de Zorg! ;-)

Trollette: Ah ben oui, 15 ans... ça fait jeune. Nous on avait l'âge de Betty quand il est sorti, je pense vraiment que ça a joué. ;-)
Et puis les plastiques de Zorg et Betty ne m'ont pas spécialement convaincue, par contre, je trouve cent fois plus joli un corps presque dénudé qu'un corps nu qui se promène dans l'appartement sous une lumière franche. :-)

Ecrit par : nathalie | 15.02.2007

c'est en tous cas le genre de film qui n'a laissé personne indifférent... je m'en vais enquérir de cette version, tiens !

Ecrit par : anténor | 15.02.2007

Ben pétard, je crois que chu passée complètement à côté de ce film moa... Aucun souvenir nan plus (trollette, dans mes braaaaaaaaaaaas) et aucune envie de le revoir.
je m'interroge.

biz

Ecrit par : Freefounette | 15.02.2007

Antenor: Tu ne seras pas déçu... :-)

Free: Tu ne serais pas la grande soeur de la Trollette, par hasard? ;-)
Je pense qu'un film, c'est pareil qu'un bouquin, on accroche ou on laisse tomber.
Sans doute parce qu'au ciné comme sur le papier, il y a des histoires, que ces histoires résonnent ou ne résonnent pas dans le vécu de celui qui voit, ou de celui qui lit.
BIZ. :-)

A TOUS: Ben... et Travelling avant, ça ne vous dit vraiment rien?

Ecrit par : nathalie | 15.02.2007

travelling avant: ben non, vraiment rien, désolée... :-(
sinon... décidément, on a des goûts littéraires en commun! les seuls bouquins que j'ai aimés de djian: celui dont on cause ici, et "Ardoise", dans lequel il parle des auteurs/bouquins qui l'ont le plus marqués. l'as-tu lu?
tous ses autres écrits -romans et nouvelles- m'ont donné la gerbe!!
avec mon ex mari, l'un des trucs qu'on ne partageait absolument pas: les livres! ;-)

Ecrit par : fée_line | 15.02.2007

37°2 le matin, 42,7° le soir. Pas vous ? Hum, ok, je sors.

Très bon film français en tout cas. Poignant, émouvant... Enfin, d'après mes souvenirs.

Travelling avant connaît pas non plus... ça date d'avant l'ère glacière ou pas ? (je dis ça parce que l'affiche a pris un coup de vieux)

Ecrit par : Zab | 15.02.2007

Ah ben nan Travelling avant alors çui là je connaissais même pas le titre.
Nan mais chu indigente culturelle filmesque grave. lol !

bisous (et à Zabi aussi, j'l'ai vu là au dessus tel l'étoale filante...)

Ecrit par : Freefounette | 15.02.2007

Bisous aussi miss Freefounette que j'ai vu derrière moi telle une poussière d'argent scintillant dans mon sillon.

Eh oui, je suis une étoile filante - poète du dimanche qui revient vite parfois.

Ecrit par : Zab | 15.02.2007

Fée: ah non, "Ardoise", je ne l'ai pas lu...!
Il m'a tellement écoeurée, le père Djian, que je suis visiblement passée à côté d'un autre livre de lui qui me plairait sans doute.
Je note, merci, bises. :-)

Zab: oooooooooooh mais non, "Travelling avant" date de 1987, c'était y'a pas longtemps, ça parle de ciné et de passionnnés. :-)
Voici un copié collé du résumé pris sur cinémotions.com:
"Paris, octobre 1948.
Nino, Gilles, Donald, Barbara et leurs amis sont une nouvelle race de spectateurs. Ils découvrent le cinéma comme art, ce sont des cinéphiles. Ils vont tenter de réaliser leur grand projet: fonder un ciné-club."
Un film sans prétention, mais que j'ai bien aimé, pour ses personnages très différents, mais attachants.
Ah! Et bravo bravo bravo pour les signes déjà écrits... ;-)

Free: hi hi, bah, j'allais énormément au ciné, à une époque. ;-)
Cette époque s'étend de mes 18 ans quand je suis devenue étudiante lyonnaise, à mes "environ 24 ans" quand j'ai quitté Paris.
Maintenant, je regarde Canal Sat.
BIZ

Ecrit par : nathalie | 16.02.2007

En 1986, à l'écran, il y avait 37°2. On a parlé d'une "génération 37°2", celle des étudiants qui, pour la première fois depuis longtemps, sont redescendus dans la rue. L'une de ces manifs se termina par la mort de Malik Oussekine, sur le pavé de la rue Monsieur le Prince. Bernard Lavilliers en fit une chanson: "Noir et blanc". A l'époque, la première partie des concerts de Lavilliers était assurée par Toure Kounda, un groupe du Sénégal, qui jouaient pendant plus d'une heure trente avant l'entrée en scène de "Nanar". C'était l'époque où les bouquins de Philippe Djian ne sentaient pas encore le réchauffé...

Ecrit par : alain | 16.02.2007

Oui, très juste, merci pour ce triste, mais nécessaire, rappel, Alain. :-(
Lavilliers est l'un de mes chanteurs français préférés pour la poésie et l'humanité de ses paroles.
Toure Kounda, je connais moins, mais je m'en souviens aussi.

Ecrit par : nathalie | 16.02.2007

Je n'ai jamais vu ce film (si, si, c'est possible), et je n'ai vraiment pas envie de le voir non plus? Ah si peut-etre...Y'a des extra-terrestres qui mangent les humains?

Ecrit par : Pascal | 17.02.2007

Pascal: Ben... heu... y'a bien un humain qui mange une grosse boulette de papier et qu'a une voiture qu'on dirait un OVNI... mais c'est tout. ;-)

Ecrit par : nathalie | 17.02.2007

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