30.10.2006
Un fantôme d'infirmière
J’aime flasher sur un blog.
J’aime ça.
Soudain l’on entre dans les mots d’un autre. Cet autre est quelque part. On ne sait pas où, à la limite on s’en fout.
Et puis voilà, les mots sont simples, les paroles vraies.
Je me sais déjà une complicité sincère avec Chris, médecin et pompier volontaire. C’est avec un plaisir ému que je vous fais découvrir le blog d’un (petit) urgentiste roux.
J’ai beau me cacher, me replier dans ma coquille, privilégier les recoins d’ombre, les zones désertes.
Dans mon « atelier » de fortune où je peins.
Derrière mon ordinateur où j’écris.
J’ai beau m’en défendre, dire que ça ne me touche plus tellement, la dégénérescence des uns, la dépression des autres, la maladie des uns, la chimiothérapie des autres.
Il n’y a rien de plus faux.
Tout ce qui touche à l’humain me touche directement.
Et ça me touchera toujours.
Mortellement.
Je prends ça en plein cœur, comme si j’étais reliée à vos mots par un fil conducteur. Parfois, je me prends des décharges.
Du 2000 volts.
Pas moins.
Et je vous aime. Je vous aime pour ça.
Parce que vous réanimez ma satanée peau.
Inlassablement, vous me rappelez que je suis vivante. Bien portante.
Que je ne suis pas aussi misanthrope que je le pensais.
Ce sont les déceptions, les claques dans la gueule et les comportements de rejet qui me l’ont tant fait croire.
En réalité, je suis tendre, molle comme un morceau de Belle des Champs qu’on aurait mis sur une assiette, dehors, en plein soleil.
L’autre jour, j’ai relu l’un de mes vieux journaux intimes.
Pour situer ce cahier: après la mort de mon père.
Quelques jours après.
C’était l’été.
Il faisait beau pour tout le monde, sauf pour nous, petite famille dans laquelle la Mort venait de tirer sa première, mais très efficace, cartouche.
J’ai ouvert de grands yeux.
A la dernière page de ce cahier, très chers lecteurs, j’avais seize ans à peine, une résolution est écrite noir sur blanc.
Pas une résolution en l’air, non.
Elle l’a été d’une plume décidée, ça se voit, ça se sent.
A la dernière page de ce cahier, de MA blanche, jeune et triste main, il est écrit :
« J’ai décidé de m’occuper des autres. Je me fous de gagner de l’argent. Je me fous des honneurs. Plus tard, je serai infirmière. »
Je n’ai pas honoré ma promesse intérieure.
Je me demande pourquoi. Je me demande ce qui s’est passé.
J’ai tout occulté de cette décision-là, de ses suites, le pourquoi je n’ai pas.
Est-ce que je n’ai pas pu ?
Pas voulu ?
Je me souviens juste de cette marée noire dans laquelle je me suis engluée jusqu’au cou.
De longues années durant.
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Commentaires
Tu sais, nathalie, il n'est pas nécessaire d'être médecin ou infirmière ou pompier pour s'occuper des autres... En tous cas merci pour tes mots gentils...
Ecrit par : Chris | 30.10.2006
Ben mon capitaine, ptet que dans le fond, cette promesse intérieure n'était pas si "à toi" que cela... et que la marée noire était là pour te le dire.
Quand on veut soigner les autres, surtout jeune, c'est parce qu'on comprend pas les souffrances que ces autres, justement, nous font porter. Et qu'on aimerait bien les soulager... Histoire qu'ils arrêtent de nous en foutre sur le dos aussi.
Parfois, souvent, même, ce qu'on croit être "nôtre", ne l'est pas.
éducation. non-dits. refoulements. j'en passe et des meilleures.
plein de bisouuuuuuuuuuus
Ecrit par : Freefounette | 30.10.2006
C'est marrant... j'ai eu aussi tâté un jour l'idée d'être infirmière... pas tellement pour soigner les gens, mais plus pour les aider, même juste quelques minutes, à porter leur fardeau.
Oh ça n'a pas été très long, cette période, et bien moi fort que couturière, pompier ou trapéziste ou cow boy ou voyageuse ou artiste.
Je suis du genre "trop"... trop empathique, donc trop envahie et forcément, trop retirée en moi et coupée de l'émotion ensuite, pour me protéger... les mots posés là dessus sont tout récents... mais instinctivement, j'ai compris et ai pris une autre voie... une autre forme d'aide, plus superficielle, plus futile.. en apparence tout du moins.
J'ai fait des études d'esthéticienne (ben oui faut faire des études pour savoir poser le vernis à ongle correctement) et là je suis entrée de plain pied dans un monde de souffrances... pas des souffrances physiques, non ou si peu... mais des failles, des cicatrices, des bleus, des déchirures à l'âme, j'en ai maquillés ! J'en ai essuyé des larmes qui ne jaillissaient pas d'un coup de pinceau malheureux, j'en ai pressé des épaules en signe d'apaisement. En silence.
Toutes ces personnes n'achetaient pas du rêve, comme les marketeurs veulent le croire... c'est autre chose... parfois, souvent, ça ressemblait tant au droit d'exister...
Aujourd'hui, je ne travaille plus au sens économico-salarial du terme. Et je continue à aider. Des personnes connues ou des inconnus, dans la rue, sur un quai de métro ou dans un train... Comme je peux, quand je peux, suivant les moments de la vie.
Je crois que quand on a ça chevillé au corps, on le fait partout, quelles que soient les circonstances. C'est d'autant plus chevillé que nos aînés nous ont donné aussi ce rôle, de les aider, qu'on soit d'accord ou pas. Disons que la greffe prend mieux sur les enfants "prédisposés" à aider... (ne nions pas l'inné par rapport l'acquis ! ^_^)
Il y a deux ans, j'ai pas mal entamé ma réserve d'aide... je l'ai fait de bon coeur... trop, comme d'habitude ;o)
Il m'aura fallu tout ce temps pour la reconstituer, petit à petit.
Et durant ce temps-là, tu étais là, toi, mon Cap'tain...
Toute en douceur et en nuances...
A mon chevet depuis deux ans.
Merci.
T'as été une infirmière de classe intersidérale.
biz
PS : je tiens de suite à ajouter que Mon Cap'tain n'a pas été la seule à me chouchouter pendant ces p***** de deux ans.
Merci aussi à ma Foune Libre et au Droufn, qui hantent également les commentaires de ce blog.
Ecrit par : La Trollette | 30.10.2006
A Chris: oui, c'est vrai, mais je parlais de métier... ;-)
A Free: Ben... justement, c'est en occultant cette décision que je me suis habilement punie.
J'explique:
J'ai fait des études rébarbatives qui ne m'ont menée à RIEN.
Des trucs abstraits, des chiffres (moi qui déteste ça, pouaaaaaaah) comme des études de budget, moi, DES ETUDES DE BUDGET!!!!!!!
Alors après, on ne viendra pas s'étonner si je dis que mes notes avoisinaient les 4 ou 6 sur 20! ;-)
Non, je pense que cette décision-là était la bonne.
Maintenant je me rappelle parfaitement pourquoi j'ai voulu être infirmière.
Parce que je n'ai pas peur des hôpitaux. Au contraire. Ni du sang, ni des trucs pas beaux à voir. Ni de la mort.
Ce dont j'ai peur, finalement, c'est de l'enrobé, du joli bien maquillé, des périphrases, des gens qui refusent ou nient tout en bloc, vieillissement, défauts, mort...
Je crois fermement que ce putain d'ICS a contribué à ma destruction en me poussant à faire LE CONTRAIRE de ce pour quoi j'étais faite.
C'est tout bête et c'est pour ça que cette lecture de journal intime m'a bouleversée.
J'avoue que sur ce coup-là, c'est bel et bien moi qui me suis fusillée... et mes parents n'y sont pour rien du tout.
Mon père était mort et ma mère me disait alors: "fais comme tu veux"
Quand mes enfants grandiront, que j'aurai plus de liberté, il est clair que je ferai du bénévolat.
Bisous ma Zoille.
Ecrit par : nathalie | 30.10.2006
Oh ma Trollette, je viens de lire ton message! Nous avons posté en même temps... pffff... tu m'as toute bouleversée!
Je ne sais plus quoi dire, là...
Merci... ;-))))))))))))))
Ecrit par : nathalie | 30.10.2006
Moi non plus, pour le coup, je ne sais plus trop quoi dire... Toutes ces envies, tous ces élans asphyxiés sous la couche de vernis de raison que la société nous passe sur la couenne. On est trop sérieux quand on a plus de dix-sept ans ! :(
Ecrit par : Tant-Bourrin | 30.10.2006
Ah voui, fectivement... Je comprends mio ce que tu voulais dire dans ton post.
M'enfin !
Pf de pf !
Etudes rébarbatives, dis donc, c'est rien de le dire pour une artiste comme toua... M'enfin te punir de koa, ma douce flamme ?
Rougn si c pas terrib ça. (pour ma trollette, je sais, donc...)
Bon brefle : à bas les masques ! NYENAMARE ! (tu sais, défois, je me demande si dans les hôpitaux, c'est pas là que yen a le plus... pour l'instant, ptet les choses changent peu à peu, mais c'est long et lent. Enfin bon ceci dit vu les krè mauvaises expériences que j'ai eu avec des médecins, bon, j'aurais du mal à penser autrement, même si j'voulais.)
Bisouuuuuuuuuuuus ma douce. Je t'adore.
Ecrit par : Freefounette | 30.10.2006
A TB: tu ne sais plus trop quoi dire, mais tu le dis foutrement bien... ;-)
A Free: Tu sais, ma dragonnée, une fois j'ai été hospitalisée d'urgence en Autriche... personne là-bas ne parlait français.
Excepté un vieux toubib qui frimait devant ses élèves, lesquels rigolaient à ses blagues.
Et encore, il parlait français pour débiter des conneries du genre:
"Il faut batttttttre le fer tandis qu'il est chaud!" Et moi de le reprendre en soupirant: "on dit Pendant qu'il est chaud".
Je n'y comprenais rien, à son charabia, j'entendais un gros "Mouah ha ha" général et imbécile émis par ses élèves.
Quand je suis arrivée dans la chambre, inquiète, ne sachant pas si j'en ressortirais, quand il a fallu me faire un lavement (un lavement à moi! Suprême horreur!), l'infirmière à laquelle j'ai été confrontée a su me rassurer, me faire passer la pilule... sans mot, car elle parlait allemand (je n'ai jamais appris l'allemand), juste sa façon d'être, lumineuse, tu sentais qu'elle l'aimait, son putain de métier, et qu'elle le faisait bien.
Avec le coeur, les tripes, quoi.
Dans ma chambre, il y avait deux femmes; une très vieille mémé pleine de tubes et une femme de 50 ans.
J'ai vu cette infirmière procéder avec la petite mémé... bon dieu, ça c'est de l'humain! Tout ce qu'elle lui faisait, changer ses drains, vider sa poche d'urine, elle le faisait en lui caressant les bras, la joue...
La petite vieille rigolait. Le courant passait.
Et là je me suis dit:
"Tout est dans les gestes. Les mots peuvent mentir. Mais les gestes, jamais."
Ce qui déconne pas mal (en plus d'un tas d'autres choses) dans notre société, c'est l'orientation.
On devrait relier des gens à des activités qui leur correspondent.
Au lieu de ça, ce sont des diplômes qu'on relie à des activités qui leur correspondent.
C'était la minute philosofouk du bon vieux capitaine intersidéral... ;-)
(Désolée à ceux qui me lisent et qui n'y pigent rien à la raison pour laquelle certains m'appellent tout le temps capitaine, mais il y a une histoire spatiale du tonnerre de bon sang de putain d'histoire kellékrochouette entre Free, Trollette, Droufn et moi...)
Bonne nuit à tous!
Demain je vais chez le médecin, d'ailleurs, je suis malade et ça perdure depuis presque deux semaines. ;-)
Ne vous inquiétez toutefois pas outre mesure, c'est mon infection naso-gorge purulente de septembre/octobre.
Sauf que cette année, je la fais en retard!
;-)
Ecrit par : nathalie | 30.10.2006
C'est bouleversant ce que tu racontes.Moi, je me trouves bien égoîste à côté, j'ai jamais pensé à faire un métier pour aider les autres. J'ai pensé à l'humanitaire à plusieurs reprises mais je crois que c'était surtout pour me donner bonne conscience.Je suis extrêmement touchée par la douleur humaine, c'est justement pour cela, que je crois que quelque part je m'en protège, il y a quelque chose au fond de moi de profondément empathique, je suis née comme cela mais j'ai tellement été décue dans la vie à côté de cela que à part mon entourage, le reste du monde reste très obscure pour moi, j'ai de moins en moins envie de m'en approcher. Pourtant, je ne peux pas me dire misanthrope, je reste très ouverte aux contacts, je n'ai pas de problèmes relationnels mais je vis un peu dans ma bulle.
Ecrit par : Dahud | 31.10.2006
Dahud, tu n'es pas plus égoiste que moi.
Tu le dis toi-même, il y a quelque chose de profondément empathique en toi, mais tu vis dans ta bulle pour diverses raisons.
Yes, on est deux! ;-)
Par contre, je serais prête à parier que tout comme moi, dès que tu vois clignoter le girophare de quelqu'un, admettons que tu ne le connaisses même pas, ben ça remue, là-dedans, aussitôt ça connecte les circuits, le pimpon, quoi.
Et tu te mets en branle. Un vrai camion de pompier.
Trollette le disait plus haut:
(Hop, je fais un copier coller des ses mots:
"Aujourd'hui, je ne travaille plus au sens économico-salarial du terme. Et je continue à aider. Des personnes connues ou des inconnus, dans la rue, sur un quai de métro ou dans un train... Comme je peux, quand je peux, suivant les moments de la vie.
Je crois que quand on a ça chevillé au corps, on le fait partout, quelles que soient les circonstances. C'est d'autant plus chevillé que nos aînés nous ont donné aussi ce rôle, de les aider, qu'on soit d'accord ou pas."
Ecrit par : nathalie | 31.10.2006
Ouuuuuuuuuuuuuuuuuuuh !
Copiée-collée par mon Cap'tain !!
OUUUUUUUUUUUH !!!
Rhooooooooooo !!
Flattée je suis !
;o)
Dahud > Etre égoîste n'est pas un défaut, c'est même salutaire. Penser à soi et aux siens en priorité, c'est ça être adulte, c'est çà être "quelqu'un de bien". Si en plus c'est accompagné de la conscience d'avoir voulu faire ceci ou celà pour se donner bonne conscience.... il n'y a vraiment pas de quoi complexer. Les "autres" sont généralement prompts à nous faire culpabiliser là où eux-mêmes ne savent même pas pourquoi ils font ce qu'ils font.
Régulièrement, je me dis qu'avec "tout le temps" que j'ai, je devrais faire quelquechose "d'utile" (comme si ce que je fais déjà était inutile et exclusivement égocentrique).
Et là je me souviens que je me dois d'être d'abord utile à moi-même. Adhérer activement à une association, ce sera pour moi bien plus destabilisant et destructeur que l'inverse.
Aider les autres, oui, mais au prix de foutre la ma vie en bordel...
Alors je fais comme ça se présente. Et ce n'est pas égoïste, ni inutile ;o)
Ecrit par : Rachel | 31.10.2006
Rachel De La Trollette Verte, quand tu dis que je t'ai soutenue, ça a été réciproque. Tu m'as soutenue aussi. ;-)
Et puis, je me souviens de ma grand-mère maternelle, elle avait un coeur d'or, et elle disait souvent:
"Moi, je fais d'abord pour les miens. Quand j'étais femme de ménage, que je me levais à 5 heures parce que votre grand-père avait eu une attaque et que je devais aussi faire une partie de son boulot, hein, ben personne ne m'a donné de coup de mains."
Et je peux vous dire qu'elle faisait pour les siens, ma mémé!
Toujours là, à l'écoute, y'avait pas mieux pour tout piger tout de suite.
Après la mort du père, elle a soutenu sa fille (ma mère) et nous, ses petits enfants, du mieux qu'elle a pu.
Bon, il est vrai qu'un métier d'infirmière me permettrait d'investir mon besoin viscéral d'utiliser un savoir et de le digérer "à ma manière" pour soulager. Ouais, car ce que j'ai vu quand mon père était malade ne m'a pas convaincue sur la grande humanité de certains services dans certains hôpitaux.
Mais le bénévolat, j'y pense vraiment, parce que le jour où mes gamins seront autonomes... partis du nid... alors tout cet amour restera en suspens, ça ne sera plus qu'un coup par coup, un mi-temps, quoi.
Et puis je ne vais pas cocooner mon mari toute la journée en lui faisant péter la bedaine et le taux de cholestérol... lol
Je me verrais bien aux restos du coeur, à faire des collectes, à distribuer comme la mère Noel, à faire chauffer du café, tout ça.
Et non, nous ne sommes pas égoistes, nous faisons tous du mieux que nous pouvons dans une société finalement très embrouillée des valeurs essentielles.
Ecrit par : nathalie | 31.10.2006
Un jour, j'ai reçu un mail d'une inconnue (qui ne l'est plus depuis). Elle me remerciait pour mes textes, elle disait que leur lecture l'avait aidée à traverser une période très sombre de son existence. Et elle concluait avec humour : "Vos textes devraient être remboursés par la Sécurité Sociale".
Alors on est là et on aide les autres, chacun à sa manière, du moment que l'on agit du fond du coeur et que l'on donne le meilleur de soi-même.
Chris a raison, il n'y a pas que les professions de santé. Surtout à notre époque où l'empathie des praticiens avoisine le niveau zéro dès qu'on souffre d'un mal qu'ils n'ont pas étudié à l'Université (et étant atteinte d'une maladie orpheline, je parle d'expérience).
Nombreux disent que les maux du corps seraient causés par les maux de l'âme.
Donner son amour, quotidiennement, c'est autant de douleurs que l'on soigne / apaise / prévient.
Ecrit par : Nedeleg | 31.10.2006
Gitta Mallasz qui est une dame que j'admire bocou, disait qu'on voulait "sauver le monde" mais qu'on n'était pas foutus d'avoir la paix dans nos propres foyers...
Elle appelait ça la guerre des cuisines, et disait que tant qu'on s'occupait pas de ça, ben les guerres dans le monde étaient loin de pouvoir s'arrêter.
Et je partage.
Déjà si on arrive à créer la paix et l'amour, et le rire autour de soi très proche, on contribue au reste.
Bisous ma douce.
Ecrit par : Freefounette | 31.10.2006
Bonne nouvelle, nathalie : tu es humaine, plus humaine que nombre d’entre nous. En lisant ton post (voire d’autres), j’ai l’impression que je ne suis également pas si misanthrope que je le prétends. Toutefois, il me suffit de changer de blog, pour me dire que finalement si, je suis bien misanthrope (et je compte le rester). D'ailleurs, avant de passer sur le tien, j'ai encore vu quelque chose qui m'a fait rager. Bref, heureusement que tu es là pour remonter la moyenne.
Bon rétablissement. ;-)
Ecrit par : Zabimaru | 31.10.2006
Nedeleg, ce que tu dis sur les praticiens me fait penser à une fameuse fois.
A 18 ans, on m'a convoquée à l'hosto pour des tests.
ils m'ont larguée sur un vélo d'appartement, avec des électrodes sur le torse.
Ensuite, ils m'ont dit de pédaler toujours au même rythme. Un rythme assez soutenu.
J'ai pédalé.
Au bout d'un moment, la crise d'asthme est venue.
Ils m'ont dit: "non non et non, il faut continuer encore où ça faussera les résultats."
J'ai cru que j'allais prendre mal... mais j'ai fait confiance, j'ai pensé que sans doute, ça m'aiderait.
Quand la crise a été insupportable, j'ai arrêté de moi-même.
Ils ont fait: "et merde!" comme si j'avais été un hamster, et ils m'ont tendu l'aérosol en tirant la tronche.
Bon... maintenant savez-vous ce qu'ils m'ont appris, ces gugusses de carnaval?
"Mademoiselle, vous êtes allergique à l'effort".
Tout ça pour ça... pourrait-on dire. :-3
Duel, ce huis-clos que j'ai écrit (ni un roman ni une novella, plutôt un texte inclassable), dialogue entre un médecin ligotté et baillonné par son ancienne patiente, (elle parle, il pense), c'est mon expérience d'asthmatique que je dévoile au travers de personnages.
Par ce texte, j'ai essayé de me réconcilier avec la médecine.
Merci Nedeleg, pour tes mots. Continue à écrire. Bisous. ;-)
Free, tu as entièrement raison. Bisous. ;-)
Ecrit par : nathalie | 31.10.2006
Zabi... je viens de lire ton com après avoir posté le mien!
T'es gentil, p'tit gars.
Et non, tu n'es pas misanthrope, juste écoeuré par la connerie. ;-)
Ecrit par : nathalie | 31.10.2006
Oui, vous avez peut-être raison.Mon entourage ne me dit pas égoîste mais bon, je m'intéresse plus à mon entourage proche qu'au reste du monde. Je me dédouane souvent en pensant que de toute manière, je peux pas sauver le monde.Après dire que les images de guerre ou de séisme ou autre catastrophes ne me touchent pas, ce serait faux. J'ai souvent des larmes aux yeux devant un simple reportage qui parle du cancer. Mais bon, je ne me sens pas la force d'agir concrètement pour aider les gens et puis rien que dans mon entourage, il y a tellement de personnes qui ont besoin de moi et par contre, là, je rechigne jamais, je considère que c'est mon devoir.Au fond de moi, je supporte tellement mal l'injustice que travailler dans un domaine où j'en verrais chaque jour, me rendrait dingue.
Ecrit par : Dahud | 31.10.2006
C'est bien de se savoir sensible et vivant. :)
Ecrit par : Ab6 | 31.10.2006
Eh bien, nathalie, quels beaux commentaires tu suscites!!
Et moi, médecin, je frémis lisant, de blog en blog, tous ces commentaires qui égratignent -c'est le moins qu'on puisse dire- notre comportement .
Vous avez raison, puisque vous le ressentez comme cela!
A nous, soignants, de corriger le tir; mais à vous aussi, les patients, de nous aider!!!
Ecrit par : chris | 31.10.2006
Merci Dahud et ab6. ;-)
Chris: pour ma part, ça y est, je suis réconciliée avec la médecine.
Duel se termine bien.
Même si je n'aime pas les fins heureuses, il se termine sur la paix entre elle et lui, je ne me voyais pas faire autrement dans ce cas.
Les bons médecins que je cotoie aujourd'hui effacent progressivement ceux que j'ai connus. Je ne suis pas aigrie. ;-)
Ecrit par : nathalie | 01.11.2006
Ouai, moi aussi, je suis réconciliée, d'abord avec moi-même, ensuite avec certains médecins et thérapeutes divers. Pas tous, lol !
Mais il est des médecins, comme le neurochir que j'ai vu cet été, qui ne m'ont pas laissé cette impression amère de me prendre pour une demeurée qui n'a qu'à obéir à leur "savoir tout puissant", ce que je déteste. Seulement avant, comme je l'ai dit, ayant appris la soumission à l'autorité, j'étais infoutue de discerner quand une personne veut réellement mon bien, ou quand elle ne cherche dans le fond que le sien propre... (ou sale, fo voir, MDR !)
Je crois que c'est comme partout, il y a des gens très biens, et des nuls ou des pervers qui se servent de leur métier pour assouvir leurs besoins de pouvoir, voire même leur perversion ou leur sadisme...
Biz Chris, comme j'ai dit ailleurs, je dis pas ces trucs là pour toi.
Et biz Nath !
Ecrit par : Freefounette | 01.11.2006
Tiens, Chris, ça date de février :
http://argemmios.blogspot.com/2006/02/rendez-moi-mon-docteur.html#links
(Je ne déteste pas les docteurs en général, hein. Même que le père de mon chéri est médecin. Dommage qu'il habite trop loin de chez nous).
Sinon je dois un énorme merci au Professeur Kahn, de Bichat : un des découvreurs de ma maladie, et un des rares praticiens à comprendre de quoi il en retourne.
En revanche, ayant été victime d'abus sexuels de la part d'un spécialiste en cytopathologie embryonnaire, sous prétexte d'haptonomie, je SAIS qu'il y a des pommes plus que pourries dans le grand panier de la Médecine, hélas.
Ecrit par : Nedeleg | 01.11.2006
Salut dame Angel,
Ton article m'a fort ému, puisque mine de rien je pense que beaucoup de personnes s'y retrouvent plus ou moins, moi y compris.
En tout cas ta bonne résolution, je pense que tu es en train de l'accomplir mais simplement sous un autre format que prévu.
Porte-toi bien, biz!
Ecrit par : Alsem | 02.11.2006
A Free: On est tous d'accord. Un médecin a beau avoir fait de longues études, s'il frime et qu'il est à des années lumière de la souffrance qu'il traite, mieux vaudrait qu'il change de métier.
Bisous ma Free. ;-)
A Nedeleg: Je ne sais plus quoi dire en te lisant. Ce que tu nous révèles est si grave.
Je retiens ta réponse à l'une des questions, dans ta Note parmentière:
"Que voudriez-vous que Dieu vous dise lorsque vous franchirez les portes du paradis ?
Toi tu as donc répondu:
"Je n'irai jamais au paradis, du moins pas celui tel que défini par l'une des trois religions "révélées". Mais si je tombais un jour nez à nez avec le dieu de la bible, j'aimerais qu'il nous demande pardon."
Cela m'a beaucoup émue.
Bisous, Nedeleg. ;-)
A Alsem: Mon discret capitaine en ces lieux! ça me fait très plaisir! Merci pour ces mots.
aaaaah, j'aimerais tant que tu aies raison. ;-)
Bises à toi.
Ecrit par : nathalie | 02.11.2006
Moi aussi, Nedeleg m'a bouleversée. Il y a pas de mots pour dire ce que j'ai ressenti à cette lecture, peut-être une colère sourde qui s'est nichée dans mon estomac.C'est dans ces cas là que je me rend compte que je suis vivante, je ressens encore cette colère quand on me parle de choses si cruelles.
J'ai failli mourrir une fois, je suis passée de l'autre côté et puis mon coeur s'est arrêté, trou noir, pas de lumière blanche, non, rien juste le noir et l'absence.Pas de souffrance, qu'est-ce qui m'a donc retenu?Je me le suis longtemps demandée. Tout ce que je me souviens, c'est de m'être réveillée en colère, une colère puissante, dévastratrice, c'était peut-être la vie qui recrachait le grand sommeil...Qui sait?
Ecrit par : Dahud | 02.11.2006
Il ne faut pas chercher à savoir pourquoi, parfois, nous n'allons pas jusqu'au bout de ce qui nous semblait aller de soi à un moment donné.
J'ai une infirmière dans ma famille, et franchement, c'est un corps de métier auquel je voue un respect sans limite. Mais perso je n'aurais pas pu. Je suis trop émotive pour prendre la souffrance des gens et de leur famille en pleine face, puis rentrer chez moi et faire la part des choses... et puis objectivement, je suis trop maladroite, les pauvres patients auraient été à plaindre ^_^
Sinon, j'ai lu les commentaires posés sur cet article, et franchement certains sont bouleversants.
Comme toujours, la sensibilité particulière de Dahud me touche énormément.
Ecrit par : Roanne | 05.11.2006
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